Réfugiés – Châteauroux est devenu leur havre de paix : Nous avons choisi la France car c’est le pays de la liberté et des droits de l’Homme. »

La Nouvelle République 17/12/2015
Dix réfugiés syriens sont arrivés mardi soir, dans l’Indre. Hier, le préfet Alain Espinasse a rencontré ceux qui ont fui l’horreur pour survivre.
PHOTO PATRICK.GAIDA ARRIVEE DE REFUGIES SYRIENS A CHATEAUROUX

PHOTO PATRICK.GAIDA ARRIVEE DE REFUGIES SYRIENS A CHATEAUROUX

Le préfet, Alain Espinasse (à droite), a confié son émotion d’accueillir « les premiers réfugiés de Syrie » dans le département. Fouad, ici avec son bébé, Sham, et les autres, ont remercié la France. – (Photo NR, Patrick Gaïda)
Ils se nomment Sham, Giana, Mohamed, Youssef, Fouad, Adil, Fatima et Ismaël. Tous ont fui la guerre en Syrie, il y a un peu plus de trois ans. Ils ont 2 mois, 4 ans et demi, 10 ans, 12 ans, 36 ans, 37 ans, 62 ans, 74 ans. Et ce sont les enfants, les parents et les grands-parents d’une même famille, arrivée mardi soir, à Châteauroux. « Nous habitions Deraa,dans le sud du pays, témoigne Adil, la mère, qui était étudiante en économie. Notre maison a été bombardée. » Leur instinct de survie les a conduits de l’autre côté de la frontière, en Jordanie, où ils ont été parqués, avec d’autres réfugiés, dans le centre-ville d’As Salt. Ils y ont vécu dans des conditions extrêmement difficiles.
Des larmes de joie
 « C’est un pays très pauvre. Nous dormions dans des maisons très anciennes », confie Fatima qui, pourtant, ne se dépare pas de son large sourire. Une image qui tranche avec celle de son époux, Ismaël qui, hier soir, s’est laissé aller à une franche accolade avec le préfet, avant de s’effondrer en larmes… de joie. « Nous avions le droit de circuler mais pas celui de travailler », poursuit Fatima.La famille vivait, comme près d’un million d’autres réfugiés en Jordanie, d’aides internationales. Les enfants avaient accès à l’école. « C’est très dur pour eux, même s’ils comprennent que c’est la guerre, constate leur mère. La nuit, ils font des cauchemars. »
Aujourd’hui, tous rêvent d’une autre vie. Ils savaient, depuis quelques semaines, qu’ils allaient venir à Châteauroux, dont ils ne connaissent rien. « Nous avions le choix entre les États-Unis et la France. Nous avons choisi la France car tout le monde sait que c’est le pays de la liberté et des droits de l’Homme. »
L’objectif est, désormais, de s’intégrer au plus vite, d’apprendre la langue, de scolariser les enfants et de trouver un travail. Manhl, 32 ans, et Esraa, 26 ans, poursuivent le même dessein. Tous deux aussi ont fui le régime sanguinaire de Bachar Al-Assad, « un fou », décrit Manhl. Face à la peur et la misère, ils se sont réfugiés dans l’amour. Leur histoire a débuté loin de chez eux (Homs pour lui, Damas pour elle), dans un camp, à Amman, la capitale jordanienne. « Nous nous sommes mariés, il y a trois mois », annoncent-ils fièrement. Leur vie de couple commence à Châteauroux.
bertrand.slezak@nrco.fr
billet
Le pays des droits de l’Homme
« Nous avions le choix entre les États-Unis et la France. Nous avons choisi la France car c’est le pays de la liberté et des droits de l’Homme. » Avec, parfois, des larmes dans les yeux, les réfugiés syriens fraîchement débarqués à Châteauroux ont raconté, hier, leur histoire et leurs espoirs au préfet et à la presse. Maison bombardée pour les uns, exil de trois ans dans un camp de réfugiés en Jordanie pour les autres. Cette arrivée à Châteauroux, avec le statut de réfugié délivré par le Haut-commissariat de l’Onu, est le début d’une nouvelle vie. Souhaitons-leur bonne route, dans la patrie des droits de l’homme.
Bertrand Slézak Indre

réfugiés

Une forte mobilisation de soutien avait eu lieu dans l’Indre pour l’accueil de réfugiés syriens.

 

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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