Argentine : une grand-mère retrouve sa petite-fille enlevée sous la dictature il y a 39 ans

Le Monde.fr | 25.12.2015
Après 39 ans de recherches, l’une des fondatrices des Grands-mères de la place de Mai, Maria « Chicha » Mariani, vient de retrouver sa petite-fille, enlevée en novembre 1976 à l’âge de 3 mois par un policier, pendant la dictature argentine.

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La photo de Clara Anahi diffusée dans le cadre des recherches pendant 36 ans. Fundacion Anahi
Clara Anahi devient ainsi le 120e enfant « volé » par la junte à être identifié, a annoncé jeudi 24 décembre la Fondation Anahi, du nom de sa petite-fille, créée en 1989 par Maria Mariani après avoir quitté la présidence des Grands-mères de la place de Mai.
Le lien entre la grand-mère et sa petite fille a été établi à 99,9 % grâce à des analyses génétiques. Une photo de leurs retrouvailles a été diffusée sur les réseaux sociaux :
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La Info Semanal Média/actualités/édition · 8114 J’aime
Clara Anahí junto a su abuela Chica tras 39 años de búsqueda. Gracias Roberto Botacin
Clara Anahi a été enlevée par un policier en voiture, juste après l’assassinat de sa mère au cours d’un raid des forces de sécurité à leur domicile à La Plata, à 60 kilomètres au sud de Buenos Aires.
Les recherches menées par Maria Mariani pour retrouver sa petite-fille étaient connues de toute l’Argentine. La photo de Clara Anahi bébé était largement diffusée à chacun de ses anniversaires, pendant des décennies, et sa grand-mère a multiplié les lettres ouvertes écrites à sa petite-fille.
En mars, Maria Mariani écrivait : « A 91 ans, mon vœu le plus cher est de t’embrasser et de me reconnaître dans ton regard, cela me ferait plaisir que tu viennes jusqu’à moi pour que ces longues recherches se concrétisent. Le principal souhait qui me maintient debout est qu’enfin nous nous rencontrions. »
Les Grands-mères de la place de Mai, une organisation fondée en 1977, en pleine dictature, s’activent depuis de longues années à rechercher ces petits-enfants portés disparus. Elles estiment que 500 bébés d’opposants politiques, enlevés à leur mère ou nés en captivité, ont ensuite été adoptés par des dignitaires du régime militaire, responsable de la mort ou de la disparition de 30 000 personnes. Nombre de ces enfants ont été élevés par des parents qu’ils pensaient être leurs géniteurs.
En août 2014, la dirigeante historique de cette organisation emblématique en Argentine, Estela Carlotto, avait retrouvé son petit-fils, lui aussi enlevé sous la dictature, après trente-six ans de recherches.

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