Blois – Les perles du palais, suite (2)

La Nouvelle République 27/12/2015 05:
Suite de notre sélection des échanges drôles ou aigres-doux collectés au fil des audiences du tribunal par les journalistes de la NR.
La rançon du succès. Un jeune séducteur de 20 ans est jugé pour violences envers deux jeunes demoiselles prisonnières de son emprise. Le président l’interroge au sujet de rapports forcés dénoncés par l’une d’elle : « N’importe quoi, et puis si elle n’avait pas voulu, j’en aurais pris une autre de toute façon ! »

ivre

Client fidèle. Un homme comparaît pour la énième fois pour conduite sous l’emprise de l’alcool. Après avoir rendu son jugement et l’avoir à nouveau condamné, le tribunal lui dit au revoir. L’homme répond : « A la prochaine ! »
Un brin de muguet. C’est l’histoire d’une amoureuse qui s’en vient offrir du muguet à sa belle-mère. Contrariée par des histoires de famille, l’octogénaire l’envoie sur les roses. L’avocate de la victime se rappelle d’une émission où l’on frappait les trois coups. « On se croirait «  Au théâtre ce soir  » ma parole ! Une femme vient avec des fleurs et on la secoue comme un prunier ! » Fallait pas pousser mémé dans les bégonias.
La main sur le cœur. Un prévenu assume une toxicomanie précoce : « Depuis que j’ai 13 ans, Monsieur le Juge ». Il doit répondre d’un petit trafic de stupéfiants entre amis et gardait même leurs enfants en échange de petits morceaux de résine à glisser dans ses cigarettes. Lors d’une transaction avec ces mêmes amis, il est accusé de les avoir lésés. Il nie, jure, mais le juge est sceptique. L’argument imparable tombe : « J’ai été malhonnête toute ma vie, mais, là, je vous jure que c’est vrai ! »
Secouez-moi. Une commerciale d’une célèbre marque de soda est citée dans le cadre d’une série de vols dans un hypermarché local « Ce n’est pas parce qu’elle travaille chez Orangina que les gendarmes ne l’ont pas secouée ! », remarque un avocat facétieux.
Malpoli. La présidente a bien du mal avec la verve insolente d’un jeune homme agressif accusé d’avoir insulté des gendarmes. Sourires en coin, regards assassins envers les magistrats, l’ambiance est tendue. Le parquet s’agace : « Force restera toujours à la loi, Monsieur ! ». Le prévenu réplique : « Tu fais ce que tu as à faire je m’en bats les c… » La grande classe !
Sous pression. Le président s’adresse à un prévenu jugé pour un vol de portable qui, à la barre, nie les faits après les avoir reconnus en garde à vue : « C’est un policier qui vous a mis le bottin sur la tempe ? »
Coup de pompe. Le président bataille avec un jeune banlieusard accusé d’avoir frappé à coup de cric un conducteur sur une aire d’autoroute du Loir-et-Cher. Ce dernier lui refusait un peu d’argent pour finir de payer son plein. « Mais c’était un petit coup », minimise le prévenu. « Un petit coup ça veut dire quoi ? », s’inquiète le président. « Ben quand on n’insiste pas trop ! »
Tout faux. Un prévenu sans domicile fixe s’accuse d’un meurtre fictif. Le juge s’étonne : « Mais pourquoi s’accuser d’une pareille chose ? » Le prévenu baisse la tête : « Je voulais aller en taule. » Le président en reste coi : « Quelle idée ! Y’en a tellement qui veulent en sortir ! »
Les chroniqueurs du tribunal (Florence Vergne, Sandrine Satti, Lionel Oger)
Loir et Cher – Justice

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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