Ancienne colonie britannique : Disparitions mystérieuses ? (cinq personnes )

A Hongkong, plusieurs employés d’une librairie diffusant des ouvrages critiques sur le Parti communiste chinois se sont volatilisés. D’aucuns y voient la main de Pékin, en violation du statut dont jouit l’ex-colonie britannique, Le Temps Le Monde du 05/01/2016

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Une série de disparitions suscite l’inquiétude à Hongkong
Les animateurs d’une librairie diffusant des livres critiques sur le parti communiste auraient été arrêtés par la police chinoise, en violation du statut spécial de l’ancienne colonie britannique
Le Temps  03/01/2016 /
12c068feaccd4ba7831ef0d4_fr_300x222La Librairie de Causeway Bay (http://www.cwbbooks.com/) ne paie pas de mine. Coincée entre une pharmacie et une boutique de vêtements sur cette petite rue commerçante de Hongkong, elle dispose tout juste d’une vitrine verticale, suspendue à l’entrée d’un étroit escalier. Le potentiel client doit le gravir, tout en observant le mur tapissé de couvertures consacrées au régime chinois, pour parvenir au seuil du magasin. Samedi, la porte était encore entre-ouverte et la lumière allumée, mais le magasin désert. Dimanche tout était fermé.
Depuis quelques jours, les visiteurs s’y pressent en quête d’information car les animateurs de cette maison qui diffuse des ouvrages critiques sur le Parti communiste ont disparu de manière inexpliquée. Son responsable s’est volatilisé, mercredi dernier. Son téléphone est dévié sur une messagerie vocale et les textos envoyés via WeChat restent sans réponse. Il y a quelques semaines, le co-propriétaire de Mighty Current, une maison d’édition liée à cette librairie, n’est pas rentré de vacances en Thaïlande, sans donner de raison. Au total, cinq personnes ont disparu. Les démocrates de Hongkong redoutent une intervention de Pékin contre ces personnes, en violation du statut spécial dont bénéficie l’ancienne colonie britannique qui lui garantit, en particulier, la liberté d’expression.
Samedi, dans une interview à la radio publique hongkongaise (http://news.rthk.hk/rthk/en/), la femme du libraire a dit qu’elle soupçonnait la police de Chine continentale, et non de Hongkong, d’avoir arrêté son mari avant qu’il ne rentre chez lui, et de le détenir depuis en dehors du territoire. Elle explique qu’il l’a appelée mercredi soir d’un téléphone portant un numéro de Shenzhen, où il serait retenu. Marquant des pauses comme s’il s’exprimait sous le contrôle d’autres personnes, il lui a affirmé qu’il devait apporter son aide à une enquête, et qu’ainsi il serait traité avec indulgence. Son mari s’exprimait en mandarin, a-t-elle aussi indiqué, alors qu’ils utilisent habituellement le cantonais, la langue usitée à Hongkong, mais que ne comprennent pas la plupart des Chinois du continent.
«Les temps sont durs. Vous êtes un journaliste étranger, vous comprenez», commentait samedi en haut du petit escalier un des visiteurs de la librairie, faisant allusion à l’expulsion la semaine passée d’Ursula Gauthier. Le visa de la correspondante du Nouvel observateur n’a pas été renouvelé après la parution d’un article qui a déplu à Pékin. A Hongkong, quelques librairies discrètes comme celle de Causeway Bay diffusent des ouvrages interdits en Chine, mais que les touristes viennent discrètement acheter ici.
Des mouvements pro-démocraties se sont mobilisés dimanche, organisant une manifestation de plusieurs dizaines de personnes devant le Bureau de liaison, l’organe qui représente le Parti communiste à Hongkong. «Ces personnes ont visiblement été arrêtées et sont détenues illégalement, a déclaré le député démocrate Albert Ho. Si c’est confirmé, Pékin aura ouvertement fait fi du principe «un pays, deux systèmes», en vigueur depuis la rétrocession du territoire à la Chine en 1997. Le mouvement étudiant Scholarism a également fait part de son inquiétude.
Pour le moment, les autorités hongkongaises demandent au public laisser à la police le temps de faire son travail. Hier, le secrétaire à la sécurité a indiqué que les forces de l’ordre attendent une réponse de leurs homologues de Chine continentale pour savoir si elles détiennent les disparus. Il a aussi rappelé qu’aucune police autre que hongkongaise n’a le droit d’exercer ses fonctions sur le sol de Hongkong.
Frédéric Lelièvre, Hongkong

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Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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