Une discipline où les dyslexiques se distinguent vraiment…

Express.be – 02/02/2016 – Audrey Duperron –
Virgin Group founder Sir Richard Branson speaks about the need for greater momentum and political debate to end the failed war on drugs on March 15, 2012, during a discussion at The Atlantic magazine headquarters in Washington, DC. Branson's involvement with the Global Commission on Drug Policy has brought new levels of attention to the growing movement to end the 40-year-old war on drugs.         AFP Photo/Paul J. Richards / AFP / PAUL J. RICHARDS
Les parents d’enfants dyslexiques se désespèrent souvent que leur progéniture n’obtienne pas de bons résultats à l’école, s’inquiétant pour leur avenir. Quatre Américains sur cinq associaient la dyslexie avec un retard mental, dans un sondage de 2010. Ils ont tous tort. Carole Greider, Prix Nobel de médecine 2009, Richard Branson, le charismatique patron de Virgin, Ted Turner, le magnat des media, Henry Ford… Tous sont dyslexiques.
En fait, c’est peut-être même une bénédiction. Des scientifiques ont longuement étudié une possible corrélation entre la dyslexie et l’entreprenariat. En effet, alors que la fréquence de la dyslexie n’est que de 4% dans la population britannique, elle touchait 20% des chefs d’entreprises de leur panel. Aux Etats-Unis, le lien est encore plus flagrant, puisque plus d’un chef d’entreprise américain sur trois, 35%, exactement, se déclarent dyslexiques.
La dyslexie a-t-elle joué un rôle dans leur réussite ? Interrogé par Time Magazine qui lui demandait si sa dyslexie l’avait gêné dans les affaires, Richard Branson avait répondu : «  quand je lance une nouvelle société, j’ai besoin d’en comprendre la publicité. Si je peux la comprendre, alors je pense que tout le monde peut. Virgin communique en langage normal au lieu d’utiliser des phrases que personne ne comprend, comme celles que l’on emploie dans l’industrie de la finance ».
L’étude qui avait révélé la fréquence de la dyslexie dans le monde entrepreneurial avait également conclu que les dyslexiques déléguaient mieux que les autres, et excellaient en communication orale. De plus, ils étaient meilleurs en résolution de problèmes, et étaient deux fois plus susceptibles de gérer au moins deux entreprises que les dirigeants qui ne présentaient pas le trouble.
Un esprit de synthèse ultra-développé
Certains scientifiques attribuent leur réussite à l’intuition et à la capacité à interpréter les signaux sociaux qu’ils ont su développer depuis leur plus tendre enfance pour compenser leur handicap. Etant lents en lecture, ils doivent sélectionner les informations, pour n’en conserver que ce qui importe vraiment. Ils doivent aussi faire davantage confiance aux autres pour accomplir des choses. Enfin, un enfant qui échoue à des tests classiques de façon chronique s’accoutume à l’échec.
Finalement, analyser, déléguer, se débrouiller, connaître la difficulté et les échecs… Les dyslexiques n’excellent peut-être pas dans toutes les disciplines à l’école. Mais ils ont sûrement tous les atouts pour bien maîtriser les fondamentaux du rôle d’entrepreneur.

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