Justice – Habré jugé au Sénégal : vers la fin de l’impunité ?

Quel sort la justice va-t-elle réserver à Hissène Habré ? Après quarante-cinq jours de suspension, le procès de l’ancien président tchadien (1982-1990), jugé pour « crimes contre l’humanité, crimes de guerre et crimes de torture », a repris lundi à Dakar, la capitale sénégalaise, en présence de l’accusé. Deutsche Welle, Le Soleil

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L’ancien président tchadien, Hissène Habré, à la sortie du tribunal de Dakar (Sénégal), le 3 juin 2015. SEYLLOU / AFP
Devant les Chambres africaines extraordinaires (CAE), juridiction née d’un accord entre le Sénégal et l’Union africaine, mais à laquelle M. Habré ne reconnaît aucune légitimité, les avocats des parties civiles ont affirmé que l’ancien homme fort de N’Djamena avait exercé un « droit de vie et de mort » sur son peuple et s’était « substitué à Dieu » en usant d’une redoutable police politique, la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS).
Selon les estimations d’une commission d’enquête tchadienne, la répression sous Hissène Habré, réfugié au Sénégal depuis décembre 1990 après avoir été renversé par l’actuel président tchadien Idriss Déby Itno, aurait fait près de 40 000 morts.
Dans un discours passionné, Me Philippe Houssine, l’un des représentants des victimes, a expliqué que les « bourreaux [de la DDS] étaient des sadiques qui prenaient plaisir à torturer » et que M. Habré ne pouvait ignorer leurs agissements, dans la mesure où il avait personnellement créé la DDS – un argumentaire battu en brèche par la défense, pour qui sa responsabilité directe n’est pas établie. The Guardian, Sen 360
Le parquet général doit livrer son réquisitoire ce mercredi, avant les plaidoiries des trois avocats de la défense commis d’office, jeudi et vendredi.
Le verdict, lui, n’est pas attendu avant la fin du mois de mai, d’après un porte-parole des CAE. S’il était reconnu coupable, Hissène Habré, 73 ans, pourrait être condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Pour Alioune Tine, directeur d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, ce procès est fondamental en ce qu’il représente une étape cruciale dans la lutte contre l’impunité, fléau encore très largement répandu sur le continent africain. Jeune Afrique
Le Monde10 février 2016

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