La gauche est-elle morte en France ?

(R)évolution -journal bimestriel optimiste et bienveillant de lutte contre l’idiocratie mondialisée – N°4  Fév. /Mars 2016/ Valérie Benurtel  –
Pourquoi, dans notre petit pays de mauvais poil, la gauche ne parvient pas à convaincre ? Vaste question ! Surtout lorsqu’on voit ce qui se produit dans certains autres pays européens comme en Espagne, en Grèce, au Royaume-Uni et même… aux USA avec l’émergence du  « socialiste » Bernie Sanders. Qu’on le veuille ou non, la gauche n’a jamais été aussi faible en France.
IMAG1011Entre le PS qui a totalement perdu son identité, jouant sur des valeurs sécuritaires et gouvernant pour l’économie – Hollande n’hésite même pas à sous-entendre qu’il faudrait peut-être, éventuellement, enfin, parce qu’il le faut bien, revenir sur les 35 heures -, les écolos sans cesse divisés qui ne parviennent pas à avoir un discours unitaire, cohérent et accessible à tous, Mélenchon qui incarne un mouvement démodé qui aurait besoin de sang neuf et les petits partis d’extrême gauche de plus en plus marginalisés et qui ne parviennent pas à exister dans le paysage politique contemporain basé sur la seule communication, la gauche française se meurt… et laisse une porte grande ouverte à cette fine stratège de Le Pen pour aller ratisser du côté des « laissés pour compte », des « déçus », des « sans-dents », comme le dirait Hollande.
Même si la droite française demeure médiocre, même si la situation économique et sociale est propice à une nécessité des valeurs de gauche, rien ne se passe. Du côté de la gauche « présentable », celle qui gouverne le pays depuis 2012, on constate une droitisation sans précédent – même Mitterrand n’était pas allé aussi loin.  Le virage (très) sécuritaire de exécutif se fait désormais au grand jour. « Cela fait longtemps que toutes les enquêtes d’opinion traduisent une emprise croissante, y compris parmi les sympathisants de gauche, de valeurs traditionnellement portées par la droite.« , écrit Le Monde. « En particulier, l’ordre, l’autorité, dont la demande n’a cessé de se renforcer« , comme le rappelle Brice teinturier, le directeur général délégué de l’institut Ipsos. Les attentats du 13 novembre n’oint fait qu’accentuer cette tendance.
M. Teinturier dresse la longue liste des indicateurs qui en témoignent. Les avis favorable à tout ce qui a trait à la répression sont en hausse. Y compris des mesures (non envisagées) qui remettraient en cause les libertés fondamentale; jusqu’au rétablissement de la peine de mort. « Le désir de fermeture, de rejet des étrangers, est extrêmement puissant« , indique également M. Teinturier. S’ajoute une « nostalgie » également croissante : l’attachement aux « traditions », l’idée que « c’était mieux avant » se portent bien et s’affichent davantage. « Ce sont plutôt la famille, le travail, la responsabilité et l’ordre qui sont plébiscités« , résume le responsable d’Ipsos. Autant d’idées, de notions rétrogrades et inquiétantes que porte la populiste en chef Marine Le Pen.
Sur le terrain économique et social, la gauche traditionnellement « redistributrice » a fait les frais – si l’on peut dire – de la crise économique qui a considérablement réduit les marges de manœuvre financières de L’État. Selon plusieurs responsables d’instituts de sondage, cette donne serait désormais ancrée dans l’opinion. En substance, les français se seraient résignés à ne plus attendre grand chose de L’État sur ce terrain. Si ce n’est qu’il déverrouille des mécanismes, comme le préconise le (populaire) ministre de l’Économie, Emmanuel Macron. « Les valeurs libérales au plan économique ont progressé. Mais il n’est pas sûr qu’elles soient dominantes« , pondère le sociologue Gérard Grunberg.  Les aides de l’État sont même devenues pour beaucoup synonyme d’assistanat, à force d’entendre des exemples de cas particuliers qui abusent – on peut toujours trouver des exemples de cas particuliers qui abusent ! Tout ça augure de bien tristes résultats en 2017… Bien pires que ceux de 2012.

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La gauche se meurt. Selon un récent sondage,  plus de 70 % des sympathisants de gauche ne souhaitent pas une candidature imposée de François Hollande pour 2017 et veulent le mettre en concurrence avec d’autres personnalités du PS, voire de la gauche élargie. Mais dans la pratique, que pourrait donc donner cette primaire à part un joyeux bordel ? La réalité, c’est que la gauche française agonise. et le pire, c’est qu’elle est avalée par l’extrême droite sans qu’aucun mouvement alternatif n’apparaisse pour contrebalancer les choses. Le clivage droite-gauche est devenu obsolète. Il faut désormais compter sur la droite dure et la droite encore plus dure. A moins qu’un Podemos à la française s’organise enfin et parvienne à communiquer de façon moderne comme l’a fait le mouvement espagnol ? Allez… chiche qu’on essaie de le monter, ce mouvement ! 

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