Airbnb, Uber ou BlaBlaCar n’ont rien de social ni de solidaire

(R)évolution -journal bimestriel optimiste et bienveillant de lutte contre l’idiocratie mondialisée – N°4  Fév. /Mars 2016/ Stéphane Scrivano –
consommation-collaborativeAu commencement de tout, l’économie collaborative était présentée comme une véritable révolution permettant un système parallèle basé sur le partage et la mise en commun des ressources. Puis, ont débarqué Airbnb, BalBlaCar et Uber et le discours a changé. Au lieu de panser des maux sociétaux, l’économie collaborative a été accusée d’en générer de nouveaux, tout en continuant à surfer sur un marketing aux saveurs sociales éthiques. Et nous nous sommes tous mis à confondre économie collaborative et économie solidaire.
Pourtant, il est important d’en distinguer les deux concepts. L’économie sociale et solidaire, « qui pèserait 10 % du PIB français, inclut principalement des entreprises s’imposant des principes de gouvernance démocratique, de lucrativité limitée, et de réinvestissement des bénéfices en interne, sans distribuer de dividendes » rappelle La Tribune.
L’économie collaborative peut avoir pour but le profit et générer des entreprises capitalistes classiques
Or le moins que l’on puisse dire, C’est que les principales sociétés qui constituent l’économie collaborative ne répondent pas à ces principes, malgré une volonté exacerbée de le faire croire. « L’économie collaborative peut avoir pour but le profit et générer des entreprises capitalistes classiques. C’est le cas des plus populaires et des plus grandes aujourd’hui, Airbnb, Uber Et BlaBlaCar » note Hugues Sibille dans son interview à Rue89. Pour Sibille, président du Labo de l’économie sociale et solidaire, «la finalité d’Airbnb n’est pas mettre en relation un jeune Parisien et un jeune New-Yorkais. Sa finalité, comme celle de Blablacar, c’est de gagner du fric le plus vite possible. Ces entreprises font pleinement partie de l’économie de marché. »
A296015BElles sont d’ailleurs valorisées par le marché à des montants astronomiques. Pour reprendre seulement les trois sociétés citées, Airbnb est valorisée par le monde des affaires à 25 milliards de dollars, Uber à 50 milliards et BalBlaCar à 1,6 milliard. D’un point de vue moral, l’économie collaborative à plutôt tendance à accroître la rentabilisation du capital, comme Airbnb, et donc à alimenter les inégalités patrimoniale. Ce qui éloigne définitivement cette économie de tout idéal social. Et au-delà du nouveau service qu’elles rendent aux clients, « ces entreprises investissent très peu. Airbnb ne met pas un euro pour investir dans un appartement, Uber, ou BlaBlaCar  dans une voiture. s’il y a création de valeurs, elle est limitée« , regrette Sibille.
Pendant ce temps-là, l’économie solidaire et sociale est en perte de vitesse et les nouveaux talents qui souhaitent donner du « sens » à leur activité se tournent désormais vers l’économie collaborative. Embrasser l’hypocrisie mercantile et financière semble en effet être actuellement la seule solution pour eux…

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