Afrique – Au Niger, un scrutin sur fond d’instabilité sécuritaire

Le Monde 22/02/2016
alemondeIssoufou_Maiga-300x150Le « lion » va-t-il rugir cinq années de plus ? Hier, le président sortant du Niger, Mahamadou Issoufou, 63 ans, remettait son mandat en jeu, au terme d’une campagne tendue marquée par des heurts entre partisans du pouvoir et féaux de l’opposition. Africanews

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Une femme fait la queue devant un bureau de vote de Niamey, la capitale du Niger, à l’occasion des élections présidentielle et législatives, dimanche 21 février. ISSOUF SANOGO / AFP
A l’occasion de cette élection présidentielle, couplée à des législatives, quinze candidats étaient en lice pour la magistrature suprême, dont deux anciens premiers ministres, Seïni Oumarou et Hama Amadou, ainsi que Mahamane Ousmane, premier président démocratiquement élu (1993-1996). Newsweek
Au total, 7,5 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes pour ce vote étroitement encadré sur le plan sécuritaire, eu égard à l’immensité du territoire nigérien (1,3 million de kilomètres carrés, soit près de deux fois et demie la superficie de la France) et au péril islamiste qui guette la région. The Huffington Post
Pays désargenté de 19 millions d’habitants, le Niger vit en effet sous la double menace des groupes djihadistes sahéliens et du mouvement nigérian Boko Haram, qui, en mars 2015, a fait allégeance à l’organisation Etat islamique.
Pour le quotidien burkinabé Le Pays, l’enjeu de ce scrutin – dont le résultat devrait être connu d’ici à cinq jours – n’est pas mince. Les trois principaux défis ? La participation, la maturité et, pour le futur président, la possibilité d’obtenir une majorité à l’Assemblée nationale afin de « gouverner en toute sérénité ».
Dans une tribune à Jeune Afrique, Jean-Hervé Jézéquel prévoit des lendemains difficiles. Car le contexte n’incite guère à l’optimisme : aux facteurs de déstabilisation environnants (chaos libyen au nord, crise malienne à l’ouest et extension inquiétante de Boko Haram au sud-est) s’ajoutent la corruption et une détérioration de la situation politique interne.
Affaiblissement des partis d’opposition, harcèlement et arrestations d’opposants : « depuis deux ans, le régime s’enferme progressivement dans une lente dérive autoritaire », note-t-il. Pas de quoi mettre le pays sur les rails de la démocratie et, partant, du développement.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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