Témoignage – Étudiante en médecine, j’ai fait un burn-out

L’Obs le PLUS le 25-02-2016
La France m’a déçue, je vais en Thaïlande
5851451403133LE PLUS. La désillusion est grande pour notre contributrice : après deux années en faculté de médecine, puis quelques mois en université de psychologie, l’étudiante ne se reconnaît pas dans le modèle scolaire français. Elle souhaite tout plaquer et découvrir le monde, notamment la Thaïlande. Voici son histoire.
J’ai étudié deux années à la faculté de médecine de Bordeaux pour passer un concours de psychomotricienne. La deuxième année, c’était pour repiquer ma première année.
 Un simple numéro sur la liste
 Le côté compétitif m’a vite dégoûtée. C’est vraiment un rouleau compresseur et on s’aperçoit qu’on est simplement un numéro sur une liste. Je me suis sentie réduite à l’état de machine et honnêtement, c’est un sentiment terrible.
 J’ai perdu le contact avec mes amis parce que je travaillais de 10 à 12 heures par jour. J’ai accepté de mettre ma vie entre parenthèses, de devenir un robot. Je n’avais même plus le temps de me dire que j’allais mal.
 À la fac, on n’était pas encadré. On nous a simplement dit que si ne se sentait pas bien, il fallait aller voir le psychologue scolaire.
Autant vous dire que je n’avais pas que ça à faire. J’avais le cerveau qui surchauffait.
 La claque de trop
 J’ai finalement arrêté en décembre. C’était trop dur mentalement. J’ai fait un burn-out. Je me suis réorientée en fac de psychologie, où je n’ai pas trouvé ma place non plus.
 Passer de médecine à psycho, c’est on ne peut plus étonnant : alors que j’apprenais mille chose par minute pour devenir psychomotricienne, en psycho c’était plutôt une chose toutes les deux heures. J’ai eu l’impression d’être en vacances.
 Je me suis rendue compte que ça ne me plaisait pas non plus. C’était la claque de trop.
 Je ne trouve pas ma place en France
J’ai décidé de partir de la France, cet été, pour la Thaïlande. Afin de me trouver. Actuellement, je me pose la question d’un séjour définitif. Je pars au minimum pendant un mois.
 J’ai compris que je ne trouvais plus ma place en France. Question scolarité, on ne s’adapte pas aux étudiants qui n’apprennent pas de la même façon que les autres.
 J’ai un profil d’artiste, et j’aime beaucoup l’humain. Je suis passionnée de philosophie et de psychologie. Psychomotricienne, c’était ma vocation, c’était pour moi. J’aurais pu défoncer des murs, j’avais la motivation, le mental… Mais ça ne m’a pas suffi.
 Le concours discrimine tellement que je n’ai pas pu réaliser mon rêve.  Je veux aider les gens
 En Thaïlande, ce serait l’occasion pour moi d’aider les gens. J’ai un projet social en orphelinat, j’aimerais leur proposer des activités artistiques, leur apprendre, à mon petit niveau, l’art et la peinture.
 Je veux découvrir une autre culture, une autre vie politique.
 La France m’a dégoûtée des études. 90% de mes amis ne savent pas non plus quoi faire. Entre ce qu’on nous promet au lycée et ce qu’on comprend à la fac, il y a un fossé. On ne sait pas comment on va trouver un boulot. J’ai trop pris de claques, maintenant, je veux me laisser porter et je verrai bien ce que cela va donner.
Propos recueillis Édité et parrainé par Audrey Kucinskas

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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