Le gouvernement veut privatiser l’aéroport de Nice avant l’été

Le Canard Enchaîné – 24/02/2016 – Hervé Martin –

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C’est le monde à l’envers : le gouvernement (socialiste) veut privatiser, avant l’été, l’aéroport de Nice-Côte d’Azur, tandis que le président de la région Paca, Christian Estrosi (Les Républicains), s’y oppose farouchement. « Cet aéroport, a déclaré ce dernier au « Canard« , ne doit en aucun cas passer aux mains d’investisseurs dont la maximisation des profits serait la seule motivation. » Mélenchon, sort de ce corps !
L’État possède 60 % de l’aéroport, estimé à 1,5 milliard. Mais les autres actionnaires sont, soit peu enthousiastes (comme le département des Alpes-Maritimes, 5 % du capital), soit carrément opposés à le cession, comme la chambre de commerce et d’industrie, la métropole de Nice et la région Paca. « L’unique motivation de l’État est de récolter des sous pour boucler son budget. Il n’a aucune vision à long terme« , assure Estrosi.
Repreneurs en piste Le acheteurs ne manquent pas, car l’aéroport de Nice-Côte d’Azur est en plein développement : en sept ans, il est passé de 8 à 12 millions de passagers, et il est prêt à en accueillir 20 millions en 2020. Les liaisons directes vers l’étranger, – les plus rentables – ont également augmenté de près de la moitié, passant de 83 à 114 destinations au cours de la même période. Mais, surtout, l’aéroport verse peu de dividendes : à peine 0,5 % de son chiffre d’affaires. Et ce à cause des gros investissements qu’ont consentis ses actionnaires publics. « Un actionnaire privé aura la possibilité de se servir plus généreusement« , estime le furieux gauchiste Eric Ciotti (Les Républicains), président du conseil départemental des Alpes-Maritimes.
L’opération intéresse au premier chef l’entreprise Aéroports de Paris (ADP), dont le président Augustin de Romanet se refuse prudemment à tout commentaire. « Les roitelets veulent rester maîtres chez eux et développent un patriotisme anti-parisien« , explique au « Canard » un responsable d’ADP qui a langue plus pendue. « Je ne veux à aucun prix d’Aéroports de Paris ! tempête Estrosi. Depuis des années, ils font un lobbying d’enfer auprès du ministère des Transports pour nous empêcher d’ouvrir des lignes internationales. Ils voudraient que nous soyons un simple aéroport de passage qui rabatte les passagers internationaux vers le hub de Roissy-Orly. » Une demi-douzaine d’autres candidats, notamment l’aéroport de Singapour et Vinci (promoteur de Notre-Dame-des-Landes), ont également déposé des offres.
La cession – ainsi que celle de l’aéroport, plus petit, de Lyon – a été explicitement autorisée par l’article 49 de la loi Macro. Mais les collectivités locales minoritaires disposeront, si elles ne vendent pas, d’un droit de blocage susceptible de pourrir la vie du repreneur. Estrosi et Ciotti  rencontrent Macron aujourd’hui 1er mars, pour une explication de gravure : collectivistes contre ultralibéral…
Note : Peut-être que la vente de l’aéroport de Nice permettra de pouvoir financer une (petite) partie de celui de Notre-Dame-des-Landes…
ob_07983f_aeroport-de-toulouseFin 2015, l’aéroport de Toulouse-Blagnac a été vendu à un consortium chinois

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