Environnement – Les pesticides, du champ jusqu’aux maisons ?

La Nouvelle République 02/03/2016
 Une ONG a détecté des pesticides dans des maisons situées près de cultures traitées. L’étude n’est pas scientifique mais interpelle.

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 Des échantillons de poussière collectés des maisons situées à proximité de cultures contiennent des résidus de pesticides affirme mardi Générations futures.
Les pesticides des champs passent bien dans les maisons. Et ce, tout au long de l’année. Des poussières collectées dans des maisons situées à proximité de cultures (vignes, vergers, céréales) contiennent des résidus de pesticides, dont une majorité de perturbateurs endocriniens qui provoquent des dérèglements hormonaux, d’après une étude commandée par Générations futures et rendue publique mardi. L’ONG a fait analyser une vingtaine d’échantillons et rechercher 61 pesticides différents. Les maisons étaient à une distance comprise entre 0 et 200 mètres des cultures.
Des #pesticides sont retrouvés dans TOUS les échantillons de #poussières des #riverains de #champs #vigne #vergers @genefutures #EXPPERT6
— Sophie Bordères (@sophieborderes) 1 mars 2016
La Gironde durcit ses dispositifs de protection
Mardi,  la préfecture de Gironde a annoncé qu’elle allait encadrer l’épandage de produits phytosanitaires dans les vignes. Cet arrêté va étendre les mesures de précaution « au-delà des écoles, à d’autres établissements accueillant des enfants […] ainsi que tout autre bâtiment pouvant accueillir des personnes vulnérables ».
La préfecture prévoit également d’aider à l’implantation de « dispositifs de protection » comme des haies. Dès 2014, elle avait pris des mesures pour encadrer le traitement des vignes aux abords des écoles. Une distance minimale de 50 mètres avait été introduite. Peu auparavant, en mai 2014, un épandage de produits fongicides sur une parcelle située en bordure d’une école à Villeneuve-de-Blaye avait provoqué des malaises et des irritations chez 23 enfants et leur institutrice, qui se trouvaient dans l’école au moment du traitement.
Une «  fausse bonne idée  » pour la FDSEA
Le syndicat agricole FDSEA de Gironde a rappelé mardi que cet incident avait été précisément provoqué par un épandage de soufre, un fongicide biologique, sur une exploitation vouée à l’agriculture biologique. Preuve, selon le syndicat, que la pétition visant à exclure tout traitement phytosanitaire autre que biologique à proximité des lieux sensibles est « une fausse bonne idée ».
La FDSEA tient « à rappeler que la profession agricole est, depuis de nombreuses années, dans une démarche de progrès constants de ses techniques de production » et « agit année après année pour améliorer l’impact de ses pratiques sur la santé de ceux qui la font et sur l’environnement ».
à suivre
Mi-février, dix députés de gauche de Gironde ont demandé la mise en place d’une mission d’information parlementaire pour « faire la transparence » sur les effets des pesticides, après notamment la diffusion de l’émission « Cash Investigation » (France 2).
Mardi 1er mars, la députée PS de Gironde, Michèle Delaunay a adressé une question écrite au gouvernement pour « connaître les actions prévues par le gouvernement pour aider les agriculteurs à produire plus sainement et ses intentions concernant l’avenir des produits phytosanitaires avérés dangereux ».
Le 10 octobre 2012, les sénatrices Nicole Bonnefoy (PS) et Sophie Primas (LR) ont rendu un rapport d’information sur les pesticides. Parmi les recommandations figuraient le retrait du marché des substances chimiques à risque, la mise en place stricte des principes de précautions ou la réduction des délais de classement en maladie professionnelle « sans attendre la preuve d’un lien de causalité avéré ».
à chaud
Le collectif « Sauvons les fruits et légumes », rassemblant quelques dizaines de producteurs, a critiqué mardi la démarche de Générations futures qu’elle accuse de « chercher à faire peur » et dénonce la multiplication de ce type d’étude par l’ONG sans qu’aucune conclusion scientifique puisse en être tirée.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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