Grippe aviaire : les oiseaux ont bon dos

Du magazine gratuit Biocontact – mars 2016 – site de la LPO
1802377973Le 24 novembre, un cas de grippe aviaire avait été détecté dans la basse-cour d’un habitant de Biras, en Dordogne. Suite à l’activation du plan national d’intervention sanitaire d’urgence, deux autres cas ont été détectés dans des élevages en Dordogne par les services du ministère de l’Agriculture. Il n’en faut pas plus à certains pour accuser les oiseaux sauvages d’être à l’origine de ces contaminations.
La souche observée dans la basse-cour correspond au virus H5N1, une souche différente de celle présente en Asie du sud-Est et de celle qui avait affecté la France en 2006. Dans l’un des deux élevages également contaminés, c’est le virus H5N2 qui a été identifié. Pour le troisième élevage, le séquençage est en cours par l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).
La crise précédente en France date de 2006, les derniers cas ayant été recensés en août 2007 en Moselle pour le virus H5N1. Pour rappel, la grippe aviaire H5N1 est un virus hautement pathogène pour volailles. La transmission à l’homme est extrêmement rare, elle nécessite un contexte épidémiologique exceptionnel et une promiscuité importante. Par ailleurs, il convient de rappeler que l’influenza aviaire n’est pas transmissible à l’homme par la consommation de viande, œufs, et plus généralement de tout produit alimentaire. 
86_ba1b7eb9b8ad142948e3b9dce300b4c6_sDe manière récurrente, les oiseaux sauvages sont accusés rapidement d’être les responsables de ces épidémies, alors que les scientifiques ont déjà analysé que : 1 – la grippe aviaire se développe dans un contexte particulier, à savoir : des conditions de promiscuité, de densité et de confinement des populations aviaires. 2 – les souches de grippe aviaire rencontrées chez les oiseaux sauvages sont le plus souvent relativement bénignes tandis que celles rencontrées chez les oiseaux domestiques, élevés en batterie dans des conditions stressantes, acquièrent un caractère hautement pathogène. 
Au même titre que n’importe quel organisme doué de facultés de locomotion, les oiseaux sauvages sont les hôtes possibles pour les virus désireux d’étendre leur territoire. Toutefois, quel est le niveau de leur contribution comparé à des réseaux d’échanges commerciaux qui permettent d’acheminer chaque jour des centaines de milliers de marchandises d’un point à l’autre de la planète ?
La véritable voie de contamination reste actuellement le commerce et le transport de la volaille. Comme lors des précédentes épidémies de H5N1, les origines de la contamination sont à chercher dans les modes de production agricole et l’explication sur les capacités de propagation est à explorer dans les conditions d’échanges et de transports commerciaux dans un contexte de mondialisation et d’intégration des marchés. Rappelons enfin qu’un épidémie a commencé aux États-Unis depuis 2014 avec une souche d’H5N2 dans les élevages intensifs.

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