Syrie : cinq ans de guerre, fragile espoir

Le Monde  15/03/2015
Tout cela a commencé par un mouvement de colère, de révolte pour réclamer plus de liberté. Le 15 mars 2011, le peuple syrien, galvanisé par les révolutions tunisienne et égyptienne, se levait contre le régime de Bachar Al-Assad, bien décidé à voir la démocratie s’installer dans le pays.

Syrie Douma

La ville syrienne de Douma, dans l’est de la Ghouta, un bastion rebelle situé à l’est de Damas, la capitale, après des bombardements aériens, le 13 décembre 2015. SAMEER AL-DOUMY / AFP
Le « Lionceau de Damas », pensait-on alors, ne résisterait pas longtemps à ce soulèvement populaire. Las ! Cinq ans plus tard, l’effroyable conflit perdure. Il a déjà fait plus de 250 000 morts et jeté des millions de personnes sur les chemins de l’exil, créant par ricochet un immense appel d’air migratoire en Europe.
©BAX LINDHARDT/EPA/MAXPPP - epa04918403 A large group of migrants, mainly from Syria, walk on the highway moving to the north 07 September 2015 in Denmark. The migrants want to reach Sweden to seek asylum there. Some of the migrants arriving in central Europe continue to other countries, as local authorities across the continent are trying to accommodate the rising tide of refugees.  EPA/BAX LINDHARDT DENMARK OUT

©BAX LINDHARDT/EPA/MAXPPP – group of migrants, Syria,  07 September 2015

Outre son coût économique exorbitant, estimé à plusieurs milliards d’euros, son impact humain est désastreux, en particulier sur les enfants, privés d’école et de soins, confrontés à l’insécurité alimentaire et plus vulnérables à d’éventuels abus, observe la Deutsche Welle.
Cette guerre a changé la donne à plusieurs niveaux. Non seulement elle a favorisé la montée en puissance de l’organisation djihadiste Etat islamique (EI) – laquelle n’a cessé d’étendre son influence au point de reléguer les combattants d’Al-Qaida au rang de seconds couteaux –, mais elle a aussi offert à la Russie, fidèle alliée d’Assad, l’occasion de se replacer au centre de l’échiquier géopolitique. CBS
« S’il y a bien un homme sur cette planète qui puisse mettre un terme [à la guerre civile en Syrie] d’un simple coup de téléphone, c’est Vladimir Poutine », a d’ailleurs déclaré il y a peu le ministre des affaires étrangères britanniques, Philip Hammond
Lundi soir, le président russe a annoncé le début du retrait de « la majeure partie » de ses troupes, engagées dans une campagne militaire depuis le 30 septembre, estimant que « les objectifs fixés au ministère de la défense [avaient] été atteints ». BBC, The Washington Post
Dans ce contexte, une sortie de crise est-elle possible ? Si, comme l’a affirmé le chef de la diplomatie syrienne, Walid Mouallem, le sort de Bachar Al-Assad représente une « ligne rouge », alors aucune solution pérenne ne pourra être trouvée lors des négociations de Genève, qui ont repris lundi, estime The National.
The New York Times, lui, voit des signes d’espoir encourageants sur le terrain. Le quotidien américain se félicite notamment que la trêve entrée en vigueur le 27 février à l’initiative de Washington et de Moscou ait tenu, même si, à bien des égards, elle demeure imparfaite.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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