Syrie : un espoir pour 2016 ?

LE MONDE | 16.03.2016

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Jobar, Damas, Syrie. 4 Avril 2013. 
Les combattants de l’ASL de Liwa Tahrir d’Al Sham se déplacent sur ​​la ligne de front de Jobard. Laurent Van der Stockt pour Le Monde
Editorial du « Monde ». Laissons de côté les calculs stratégiques des uns et des autres. Oublions, un moment, les analyses sophistiquées sur le jeu des grandes, des moyennes et des petites puissances. Renonçons pour un temps à distribuer les blâmes et attachons-nous à dire l’essentiel : cinq ans de guerre en Syrie ont produit une dévastation humaine et matérielle comme le Proche-Orient n’en a pas connu depuis les années 1940. La mort au quotidien. Une énorme souffrance humaine. Un bloc de tragédies individuelles et collectives.
Ce qui s’est ouvert, au fil d’un conflit qui commence, en mars 2011, avec une rébellion pacifique contre la dictature de Bachar Al-Assad, ce sont « Les Portes du néant », comme l’écrit la Syrienne Samar Yazbek, dans l’un des plus puissants témoignages jamais publiés sur ces années de guerre, de torture et de destruction (Stock, 306 p., 20,99 euros). Dans l’enchevêtrement des intérêts en jeu – tribaux, ethniques, religieux, nationaux, régionaux –, il y a au moins une certitude sur les « perdants » : la population syrienne.
Une guerre métastasée
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© Le Monde
Sur les 22 millions de Syriens, près de 300 000 sont morts, selon l’estimation la plus souvent citée. Les ONG en déduisent qu’il y a au moins un million et demi de blessés dans la population. La moitié des Syriens ont perdu ou fui leur domicile, réfugiés de l’intérieur, exilés à l’extérieur des frontières, errant quelque part sur les routes de l’Europe – peuple de gueux, baluchon à l’épaule, agglutiné aux marches du monde riche.
Appuyé par l’ONU, les Etats-Unis et la Russie, un relatif cessez-le-feu est observé depuis une quinzaine de jours. La Russie a annoncé cette semaine qu’elle retirait certaines des forces qu’elle a déployées depuis septembre 2015 et qui ont permis à Assad de reprendre du terrain. Vladimir Poutine redoute l’enlisement. Le président russe a atteint la plupart de ses objectifs : consolider le régime, manifester la puissance retrouvée de l’armée russe, s’imposer comme acteur indispensable au Proche-Orient.
Ce qui semble lui importer, c’est moins le sort personnel de Bachar Al-Assad, qu’il méprise, que de parrainer avec les Etats-Unis, comme au bon vieux temps, un lent processus de transition à Damas, préservant ce qui reste de l’Etat syrien et ouvrant une négociation avec l’opposition représentée aux pourparlers qui se tiennent à Genève. Ils reprennent cette semaine. C’est un processus fragile. Mais le seul auquel se raccrocher.
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A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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