France 2 : 27 mars – Au pays des animaux, la vie à tout prix : Ici, la vérité de la nature reflète une métaphore qui parle des hommes.

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Le Monde 22/03/2016
Deux documentaires évoquent les stratégies de défense des espèces face aux menaces
A côté, dans nos forêts, d’Emma Baus (Fr., 2016, 51 min), diffusé le 20 mars ;
La Forêt engloutie, de Frédéric Lepage et Jean-Marie Cornuel (Fr., 2016, 52 min), diffusé le 27 mars.
La survie de l’animal en forêt : tel est le thème que déclinent les deux documentaires programmés les 20 et 27  mars dans la case  » Grandeurs nature «  de France 2. Le premier, d’Emma Baus, qui se concentre – hélas, avec un regard un peu trop candide et une mise en scène sans relief – sur les stratégies mises en place par le monde animal pour résister à l’envahissement de l’homme sur leur territoire, ne retient guère l’attention. En revanche, le second, de Frédéric Lepage et Jean-Marie Cornuel, qui montre la façon dont luttent les espèces sauvages face à une catastrophe naturelle, est captivant.

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Les deux réalisateurs ont en effet tout saisi de ce moment où le fleuve Amazone qui traverse l’immense forêt équatoriale dort encore paisiblement, avant que ne s’abattent soudain des trombes d’eau, entraînant en quelques mois la montée du fleuve à hauteur d’un immeuble de dix étages, recouvrant la forêt et détruisant l’habitat de tous ses animaux.

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Contraints de s’en sortir face à cet environnement devenu hostile et instable, tous – le paresseux très vulnérable, l’aigle harpie féroce, l’un des plus grands du monde, ou encore le saïmiri, petit singe acrobate – vont mener leur propre combat.
Angoissant huis clos
Impressionnantes, les images de La Forêt engloutie frappent d’emblée par leurs couleurs. Forcés de filmer de nombreuses séquences sous l’eau, les deux réalisateurs sont parvenus à nous délivrer une large gamme de nuances, de l’eau trouble orangée au coucher de soleil en passant par le vert phosphorescent des profondeurs du fleuve. Tour à tour enragée et sombre, dévorée par le vent et les eaux pendant le déluge ; calme, ensoleillée et méconnaissable lors des accalmies, la forêt offre, elle aussi, un spectacle changeant qui fascine.
De leur côté, les animaux apparaissent totalement confiants face à la caméra qui les filme de près durant de longues séquences, dévoilant ainsi patiemment leur quotidien bousculé par le déchaînement des éléments. Du paresseux qui cherche désespérément sa nourriture disparue au tatou chassé de son terrier inondé, il n’y a au fond nulle différence, chacun étant mu par une seule et même ambition : rester en vie au prix de toute l’énergie qui les habite.

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 » Comme eux, nous avons tous été pris à la gorge à un moment ou à un autre, avec la sensation que l’eau monte et que nous allons nous noyer. Ici, la vérité de la nature reflète une métaphore qui parle des hommes « , explique Frédéric Lepage, qui revendique la dimension dramaturgique du documentaire.  » Rien n’est exagéré, ni déformé, j’ai seulement repris la réalité et j’ai montré ce huis clos angoissant. « 
D’où la construction chronologique qui rythme le film et accroche le spectateur jusqu’à la dernière seconde : plus le niveau de l’eau monte, plus le danger et l’angoisse qu’il suscite grandissent. Une mise en scène efficace que renforce la musique originale de Carolin Petit à laquelle les réalisateurs ont souhaité accorder une place prépondérante.
«  La Forêt engloutie fut aussi une expérience musicale particulière, je voulais qu’il y ait quelque chose qui rappelle l’étrangeté, le mystère, la magie, sans envolées mélodiques « , précise Frédéric Lepage. Presque une tragédie débarrassée de toute fioriture que les auteurs ont voulu élever à hauteur d’ » histoire universelle « .
Mathilde Pujol

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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