International – Vladimir Poutine évite le bourbier syrien, pas l’enlisement ukrainien

drapeau belge en berne73820609_p.jpgdéc.jpg en berne
Le Monde  17/03/2016
L’intervention militaire russe en Syrie puis, six mois plus tard, le retrait tout aussi soudain de la  » majeure partie «  de ses forces sur le terrain ont permis à la Russie de sortir partiellement de l’isolement créé par son implication dans le conflit ukrainien. Peu importe les critiques sur des opérations lancées depuis Moscou qui ont davantage visé les opposants de Bachar Al-Assad que les groupes djihadistes de l’organisation Etat islamique (EI) ou de Jabhat Al-Nosra affilié à Al-Qaida, l’essentiel pour Vladimir Poutine était de reprendre une place qu’il estime devoir lui revenir sur l’échiquier mondial.

4886200_7_e6bb_francois-hollande-raccompagne-vladimir-poutine_0f02da8c29bafbfc46dcef2a89cb3848

François Hollande raccompagne Vladimir Poutine à l’issue d’un sommet sur la situation en Ukraine, au Palais de l’Elysée, en octobre 2015. Jean-Claude Coutausse/ French Politics pour « Le Monde »
Mais si le président russe a su s’imposer comme un partenaire majeur au Moyen-Orient et contourner habilement le risque d’un  » bourbier afghan « , comme certains le lui prédisaient en retirant ses forces au moment propice – une trêve, négociée comme au bon vieux temps avec les Etats-Unis, et plus ou moins respectée, hors l’EI et Jabhat Al-Nosra, par les parties syriennes belligérantes –, l’enlisement ukrainien, lui, est bien réel.
Deux ans tout juste après son annexion, ratifiée officiellement le 18  mars 2014 par le Parlement russe, la Crimée reste une pomme de discorde. Les accords de Minsk signés en février  2015 dans la capitale biélorusse, censés mettre fin au conflit meurtrier dans le Donbass, dans l’est de l’Ukraine, patinent. Et l’Union européenne a prolongé les sanctions contre la Russie.
Symbole de résistance
Début mars, la réunion à Paris des quatre pays parrains de ces accords (Allemagne, France, Russie et Ukraine) s’est achevée sur un désaccord concernant l’organisation d’élections locales prévues dans les textes, Kiev et Moscou se rejetant mutuellement la responsabilité.
La méfiance reste de mise
……
L’accès à la totalité de l’article est protégé
© Le Monde
….
 » Bien sûr, nous, du côté russe, sommes toujours prêts à discuter sur la Syrie de notre coordination et à joindre nos efforts pour trouver une solution pacifique « , a déclaré Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, en confirmant la venue à Moscou, peut-être le 24  mars, du secrétaire d’Etat américain, John Kerry. Mais, a-t-il ajouté, en laissant entendre qu’une rencontre avec le président Poutine était en débat,  » Moscou est aussitôt prêt à échanger nos opinions sur l’application, ou la non-application, des accords de Minsk par la partie ukrainienne « .
Vis-à-vis des Européens, Moscou multiplie aussi, en ce moment, les démarches auprès des chancelleries. Les émissaires sont tous porteurs du même message : ce n’est pas la faute de la Russie si les accords de Minsk piétinent, c’est Kiev qui ne respecte pas ses engagements. Kiev qui reste une entrave aux rêves de grandeur de Poutine.
Isabelle Mandraud
© Le Monde

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
Cet article, publié dans Débats Idées Points de vue, International, Politique, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.