Sauvons la ZAD du XVIème : l’égoïsme obscène des habitants du 16e arrondissement

Charlie Hebdo – 23/03/2016 – Gérard Biard –
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Illustration du projet de centre d’hébergement d’urgence qui doit être construit près du bois de Boulogne (Moonarchitectures/AFP). Moonarchitectures/AFP
C’est la nouvelle Notre-Dame-des-Landes ! Cette fois, la zone à défendre est parisienne. Pour être précis, elle se situe dans l’ouest de la capitale, dans ce XVIème arrondissement à l’écosystème si particulier et si fragile.
En effet, ce petit coin de France éternelle et préservée, où tout n’est que quiétude passé 19 heures, abrite, dans un cadre propice à leur reproduction, 77 % de chefs d’entreprise, de cadres supérieurs ou de professions intermédiaires, et concentre le quart des contribuables parisiens assujettis à l’ISF. C’est également là où le montant de cet impôt est le plus élevé, ce qui en fait un remarquable outil de mesure de la pollution fiscale qui asphyxie les forces vives du pays. 
Or ce précieux témoignage du dynamisme hexagonal est aujourd’hui menacé par les manœuvres de l’espèce boboïde qui colonise la Mairie de Paris depuis trop d’années et empêche la pollinisation intra-muros des serre-tête et des mocassins à glands. voilà que les frelons socialistes s’attaquent aux nids du XVIème et projettent, non pas d’y construire un aéroport, ce qui serait un moindre mal, mais carrément un centre d’hébergement pour SDF ! Motif invoqué pour justifier cette vilenie : la part de logements sociaux n’y serait que de 3,79 %. C’est oublier que l’inique loi SRU – qui impose théoriquement 25 % de logements sociaux dans les grands communes – ne prend pas en compte dans ses quotas les chambres de bonne de 3 mètres carrés et les locaux aveugles, innombrables dans ces quartiers où l’on donne asile à toutes sortes de gens de maison.

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Pas de pieds sales sur nos pelouses !
Heureusement la levée de fourchettes en argent a été immédiate. Plus de 40 000 représentants de la faune menacée ont signé une pétition pour exiger le retrait de ce projet, et toute la presse a relayé les arguments de bon sens exprimés par ces riverains indignés : « Les gens vont se faire cambrioler« , « ça va être la zone, devenir dégoûtant partout », « c’est un nouveau Sangatte qu’on veut nous imposer au bois de Boulogne« , « on a peur pour nos enfants« , « il va y avoir de l’insécurité, du racisme, des assassinats. Ça va brûler parce qu’on vient provoquer les gens sur leur territoire... » C’est sans appel on ne veut pas de SDF et de leurs chiens même pas toilettés dans nos squares. Déjà qu’il faut supporter les Romanichels « qui mangent des chats » du cirque tzigane Romanès…
Mais, bien que menés par le maire LR de l’arrondissement, Claude Goasguen – sera-t-il le nouveau Rémi Fraisse ? – les valeureux zadistes du XVIème vont d’humiliation en humiliation. Ainsi, le 14 mars, ils ont scandaleusement été censurés par les apparatchiks staliniens de l’université Paris-Dauphine, lors de la réunion d’information où ils étaient venus faire entendre leur voix. Au prétexte fallacieux que la préfète de Paris, Sophie Brocas, venait de se faire traiter de « salope » et que lui-même avit essuyé quelques « connard », « escroc » ou « fils de pute », le président de l’université a expulsé tout le monde au bout de vingt-cinq minutes. Le concours d’insultes a continué, puis les plus sages ont quitté l’amphi en marmonnant une Marseillaise. Pourtant, ce franc-parler témoigne de la capacité d’adaptation des autochtones. Contrairement aux idées reçues, les habitants du XVIème consentent sans problème à déchoir de leur rang pour s’exprimer comme des charretiers. Cela démontre sans ambiguïté que leur opposition au projet de foyer de pouilleux n’est pas pur parti-pris, mais répond bien à une volonté de préserver un écosystème en péril, et notamment la zone humide de la piscine Molitor, qui ne résisterait pas à une invasion de SDF venant y tremper leurs pieds sales.
Il faut soutenir les zadistes du XVIème. Non par parce qu’ils seraient les derniers représentants d’une peuplade en voie d’extinction, mais parce qu’ils sont au contraire la preuve bien vivante – et rassurante – que, quoi qu’on en dise, le clivage droite-gauche n’est pas près de disparaître. Si elle bouge, ce n’est que pour mettre le curseur encore plus à droite. Contrairement à la gauche, elle ne nous décevra jamais.
Voir aussi, entre autres, avec vidéos : Les propos des riverains de ce « beau quartier » parisien, révèlent, outre leur indécence, une méprisable vulgarité de pensée. Nicolas Domenach / Challenges
Insultes, vociférations… des habitants du XVIe déchaînés contre un centre pour SDF – Sylvain Mouillard / Libération
Vidéo : Le comportement affligeant d’habitants du 16e contre un centre d’accueil pour SDF – Théo Chapuis / Kombini.com

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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