Le bombardement de l’Irak est hors de prix

Le Canard Enchaîné 23/03/2016 – C. A. –
Les hommes politiques n’ont aucune envie de révéler combien coûtent ces bombardements sans grand résultat.
Zuleta_dessin_France_bombardement-bcdb9-bde59A l’État-major des armées, le 18 mars, personne ne voulait cacher sa joie et s’abriter derrière un « secret-défense » plutôt réservé aux histoires gênantes. La veille, un raid mené en Irak par 5 Mirage-D et deux Rafale avait été couronné de succès.  Sous le contrôle, et comme c’est la règle, du PC de la coalition internationale installé à Al Udeid, au Qatar, les appareils français, partis de Jordanie, étaient allés bombarder des centres de commandement et d’entraînement de Daech ainsi que des dépôts logistiques. Autant d’objectifs identifiés auparavant par un Atlantique-2, tout aussi français. Ce nouvel épisode d’une guerre « antiterroriste par voie aérienne« , comme le qualifie un expert mérite-il d’être salué par de tels cocoricos ? Ce n’est pas pourtant le premier raid français dans la région… Mais, à en croire les militaires, les Mirage-D ont balancé, à cette occasion, huit missiles de croisière Scalp-EG, et c’est une grande première pour cet appareil, paraît-il.
Rafale_Air_Scalp_EG_Mica_EM_Mica_IR
Rafale Air armé de 2 Scalp EG 2 Mica EM et 2 Mica IR
Reste qu’un pudeur très logique, car il s’agit des deniers de l’État, empêche l’État-major de préciser le coût de cet exploit. Soit 8 millions d’euros pour le seul tir de ces missiles. Et, « Le Canard » s’avoue incapable de chiffrer le prix de revient total de ce raid, vols aller-retour des huit avions français compris…
L’histoire ne dit pas combien de djihadistes ont été atteints, ou convaincus de renoncer au terrorisme, grâce à ces missiles Scalp-EG (à 1 million d’euros l’exemplaire), dont le fabricant, MBDA (filiale d’Airbus Group), garantit qu’ils ont « une précision de l’ordre de 1 mètre à l’impact« . Quant aux hommes politiques et aux militaires américains, français ou autres, ils se montrent bien incapables, eux, de garantir que les guerres qu’ils ne cessent d’ajouter aux guerres vont mettre fin au terrorisme. « On entend ça depuis 1991, quand on s’en est pris à Saddam Hussein, qui venait d’annexer le Koweït« , soupire un incrédule, diplomate de profession…

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
Cet article a été publié dans Défense. Ajoutez ce permalien à vos favoris.