ONU – Le grand oral des candidats à la tête des Nations Unies

Entretiens d’embauche à l’ONU. Le processus de succession de Ban Ki-moon à la tête des Nations unies est déjà lancé. Les candidats, pour la plupart venus d’Europe de l’Est, doivent se soumettre à un grand oral. Une première dans l’histoire de l’institution, vieille de 70 ans. La Tribune de Genève
La Tribune de Genève 12/04/2016

Onub

ONU Ils sont huit à briguer le poste de Ban Ki-moon. Première absolue, ils sont auditionnés en public par l’Assemblée générale
onuCela peut changer la donne!» lance Mogens Lykketoft. Actuel président de l’Assemblée générale de l’ONU, le Danois n’est pas peu fier du processus sans précédent lancé ce mardi pour sélectionner le prochain secrétaire général des Nations Unies. Le second mandat de Ban Ki-moon se termine en effet le 31 décembre prochain. Or, pour la toute première fois dans l’histoire de l’organisation, les huit candidats déclarés à ce jour se soumettent, l’un après l’autre, à une audition publique de deux heures à New York, devant les représentants des 193 Etats membres. C’est donc une sorte d’entretien d’embauche à l’échelle planétaire qui se tient jusqu’à jeudi.
L’Europe de l’Est en force
Agé d’à peine 39 ans, c’est un Igor Luksic visiblement nerveux qui a dû se lancer en premier, ce mardi matin. Quasi inconnu, le ministre des Affaires étrangères du Monténégro s’est présenté comme le représentant d’un «pays petit, mais fier, à l’histoire tumultueuse». Après dix minutes consacrées à décrire sa conception du rôle de secrétaire général, il a dû se soumettre au feu des questions. D’abord celles des diplomates, puis celles de la société civile s’il reste du temps, telle est la consigne.
Il n’est de loin pas le seul candidat d’Europe de l’Est. Six des huit prétendants viennent de cette région qui n’a encore jamais été représentée à la tête de l’ONU. Outre l’ex-président slovène Danilo Türk, tous les autres ont l’expérience des Affaires étrangères: Igor Luksic (Monténégro), mais aussi Vesna Pusic (Croatie), Natalia Gherman (Moldavie), Srgjan Kerim (Macédoine) et surtout Irina Bokova (Bulgarie), personnalité la plus en vue puisqu’elle dirige l’Unesco depuis 2009.
Outre les Européens de l’Est, deux candidats prestigieux briguent le poste de Ban Ki-moon. D’une part Helen Clarke, qui fut première ministre en Nouvelle-Zélande et qui dirige le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) depuis 2009. D’autre part António Guterres, jadis premier ministre du Portugal, qui était jusqu’en décembre dernier le haut-commissaire des Nations Unies pour les réfugiés.
Possibles vétos
C’est en juillet que commenceront vraiment les délibérations des représentants des quinze pays siégeant au Conseil de sécurité de l’ONU. Charge à eux de présenter en septembre un seul nom à l’Assemblée générale, qui devra l’entériner. Au final, tout se jouera donc comme d’habitude au sein du Conseil de sécurité, où chacun des cinq membres permanents dispose d’un droit de veto.
Or, la Russie a déjà annoncé qu’elle tient beaucoup à un Européen de l’Est. Le Royaume-Uni soutient l’appel lancé par 56 pays pour qu’une femme accède enfin au poste de secrétaire général. Les Etats-Unis, eux, risquent de bloquer la candidature d’Irina Bokova, qui a fait entrer la Palestine à l’Unesco…
Du coup, d’autres candidatures pourraient encore émerger. Une deuxième série d’auditions est d’ailleurs prévue en juin. On murmure les noms de la Bulgare Kristalina Georgieva, vice-présidente de la Commission européenne, mais aussi de l’ancien chef de la diplomatie serbe Vuk Jeremic, ou encore de la ministre des Affaires étrangères argentine Susana Malcorra, ancienne cheffe de cabinet de Ban Ki-moon…
Mais pour Mogens Lykketoft, l’essentiel est ailleurs: «Si une majorité de nations se rallie à une candidature, il va être très difficile pour le Conseil de sécurité de proposer un nom différent.» Autrement dit, le bras de fer peut commencer. (TDG)

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Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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