Abattoirs : quel contrôles ?

Charlie Hebdo – 13/04/2016 – Luce Lapin –
P1000308Tout à fait légitime pour visiter ces lieux de mort, l’Oeuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs (oaba.fr) avait cependant de plus en plus de mal, ces dernières années, à y mener à bien sa mission. Un changement est-il envisageable aujourd’hui ? Le point avec Frédéric Freund, directeur juridique de l’OABA.
Les nouvelles mesures prises par Stéphane Le Foll vont-elles vous permettre d’y avoir de nouveau accès ?
Le ministre de l’Agriculture a précisé qu’il n’était pas opposé à la présence d’ONG spécialisées de protection animale dans les abattoirs, selon des modalités qu’il convient de définir par convention et qui devront faire consensus. Les ONG y sont favorables, le ministère également. La balle est désormais dans le camp des fédérations d’abattoirs. Comme l’OABA l’a précisé lors de la réunion du CNOPSAV (Conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale) du 5 avril, présidée par le ministre, si ces ONG ne peuvent avoir accès aux abattoirs, il ne faudra pas s’étonner de la pérennisation des actions médiatiques…
Mais n’oublions pas le principal. Pour l’OABA, Ce sont surtout les formations des opérateurs d’abattoirs qu’il faut renforcer. Avec un volet pratique indispensable. Une formation en « conditions réelles » et plus seulement assis derrière un bureau ! 
Le Foll serait opposé à la vidéosurveillance dans les abattoirs. Qu’en est-il ?
Le ministre ne l’a pas rejetée, il a précisé qu’il était réservé. En réalité, il faut clarifier le sort des images et des personnes habilitées à les visionner. Du côté des fédérations d’abattoirs, c’est partagé : certains ne sont pas contre (certains abattoirs sont déjà équipés ou vont s’équiper), d’autres refusent… Mais alors que les ONG et les fédérations d’abattoirs demandent une surveillance continue du poste d’abattage, le ministre répond qu’il n’a pas les moyens budgétaires nécessaires pour placer un vétérinaire inspecteur à chaque poste. Les caméras nous semblent dès lors incontournables. !
Quelles nouvelles interventions avez-vous faites récemment ? 
Après plus de 1 300 animaux confiés à notre association en 2015, l’OABA a déjà accueilli, sur le premier trimestre 2016, plus de 250 animaux. Les appels continuent puisque 90 bovins doivent être pris en charge par l’OABA à la mi-avril, et deux autres élevages en difficulté, avec un probable retrait des animaux, nous sont déjà signalés par les préfecture concernées… Les animaux sont les premières victimes de la crise agricole. Ne l’oublions pas !

 Sans titre

OABA : Oeuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs, 10 place Léon Blum, 75011 Paris. 01 43 79 46 46. Adhésion libre. Important : il n’existe pas de fourrière pour les animaux élégamment qualifiés « de boucherie ». Aussi, l’État ne manque pas de solliciter l’OABA, et ce, de plus en plus souvent ces dernières années, mais ne lui apporte aucune aide. C’est uniquement grâce aux dons et aux legs que l’OABA peut secourir  les troupeaux laissés à l’abandon par leurs éleveurs. 
Geneviève Gaillard : La députée PS des Deux-Sèvres, présidente du groupe d’études sur la protection des animaux à l’Assemblée nationale, s’est portée candidate afin de faire partie de la commission d’enquête sur les conditions d’abattage dans les abattoirs (info du site politique de L214 politique-animaux.fr)

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Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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