Sciences – Nous avions tout faux sur le dodo

Clicanoo.re le 10 avril 2016

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Le fameux Edwards’ Dodo peint par Roelant Savery dans les années 1620.
SCIENCES. Une enquête scientifique internationale vient de dévoiler des informations inédites sur le corps, le mode de vie et la disparition du célèbre dodo. L’étude remet en cause bon nombre de nos certitudes. Car le dodo n’était sans doute pas un oiseau aussi maladroit et stupide qu’on a bien voulu le croire.
Longtemps disputé à nos cousins mauriciens, le dodo reste un emblème pour les Mascareignes. Et un pan du patrimoine (plus ou moins) imaginaire des Réunionnais. Mais nous ne sommes pas les seuls sur la planète à nous passionner pour le célèbre oiseau.

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Une équipe internationale de scientifiques vient en effet de lui consacrer cinq années d’études. Les chercheurs ont notamment analysé deux squelettes jusque-là très peu observés. Ceux découverts par le naturaliste amateur Étienne Thirioux au début du XXe siècle.
L’un est constitué des os d’un seul animal et le second probablement de deux oiseaux différents. Un gros avantage pour les scientifiques qui travaillaient jusque-là sur des squelettes recomposés à partir de nombreux individus.
Au bout de milliers d’heures de travail, les scientifiques sont parvenus à réaliser la première modélisation en trois dimensions du dodo. Avec à la clé un certain nombre de découvertes sur son anatomie.
Ils ont notamment identifié des os mystérieux, correspondant en fait aux chevilles, aux rotules, aux os du poignet et aux extrémités des ailes de l’animal. Ils ont également découvert une anatomie légèrement différente de celle jusque-là admise.

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La description publiée dans la revue américaine Journal of Vertebrate Paleontology (JVP) évoque ainsi un oiseau aux pattes « extrêmement puissantes » adaptées non seulement à son poids massif (jusqu’à 20 kilos) mais aussi à son environnement. De telles pattes lui permettaient en effet d’évoluer avec aisance au cœur des forêts denses de l’île Sœur.
L’équipe scientifique a également approfondi les connaissances disponibles sur son crâne à la forme originale. Les articles du JVP expliquent que l’oiseau se servait de ce crâne robuste pour fouiller la terre à la recherche de nourriture mais également pour se battre.
Autre information inédite : les chercheurs estiment que, s’il ne volait pas, le dodo se servait tout de même de ses ailes. La modélisation a révélé que l’oiseau les utilisait pour se stabiliser lorsqu’il se déplaçait au sol à grande vitesse.
Victimes des rats, des chats et des chiens
En parallèle des recherches en laboratoire, des équipes ont également mené de nouvelles investigations sur les dépôts retrouvés dans le secteur de Mare aux Songes, au sud-est de Maurice. Les conditions climatiques et géologiques ont préservé un grand nombre d’informations capitales. « Une fenêtre sur l’écosystème passé de Maurice » estiment les scientifiques. De ces nouvelles analyses, les scientifiques ont notamment tiré une conclusion qui renverse toutes les certitudes sur l’extinction de l’espèce. Le mythe veut en effet que ces oiseaux maladroits aient péri sans même s’enfuir, harcelés par des marins chasseurs et affamés.
Or, selon ces toutes dernières analyses, les dodos auraient subi l’arrivée de l’homme de façon indirecte. Les scientifiques soupçonnent ainsi fortement les rats, chats et chiens importés par les premiers visiteurs. Ceux-ci auraient dévoré les œufs et les dodos juvéniles dans les nids. Une destruction fulgurante puisque les dodos, rappelons-le, ont disparu moins d’un siècle après l’arrivée de l’homme à Maurice.
Ce sont donc des dodos agiles, puissants, combatifs mais victimes de prédateurs qui nous sont désormais présentés. A l’exact opposé du dodo gauche et molasson que nous pensions connaître.
Romain Latournerie
Le Journal of Vertebrate Paleontology vient de publier un hors-série de presque 200 pages consacré au dodo.

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Note complémentaire : La véritable histoire du Dodo ?

dodo.jpgIle Réunion

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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