Diesel moins cher que l’essence, une spécialité française ?

Univers Nature – 26/04/2016 – Marine –
Peugeot 607 diesel
Une ballade de l’autre côté de la Manche peut surprendre les automobilistes français : les stations essences affichent des tarifs similaires entre le sans-plomb et le diesel, et souvent ce dernier y est plus cher. La raison ? La taxe intérieure sur les produits énergétiques.
Si au Royaume-Unis les sans-plomb, diesel, biodiesel et bioéthanol sont taxés au même taux, en France la taxation varie grandement entre ces différents carburants. La taxation favorise clairement le diesel, et donc les véhicules diesel.
La fiscalité des produits énergétiques applicable en 2016
La fiscalité des produits énergétiques applicable en 2016
Pourtant les émissions de ces derniers sont reconnues comme dangereuses pour l’homme depuis 1988. Le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) avait alors classé les émissions des moteurs diesel comme cancérigène probable pour l’homme. Nonobstant, les avantages fiscaux accordés au gazole à l’après-guerre sont prolongés et accentués, dans les années 1990. Un avantage qui bénéficie au lobby automobile, et notamment à Peugeot et Renault qui se lancent alors dans les moteurs alimentés au diesel pour leur basse consommation. En 1997, la nocivité des moteurs gazole est avérée, et le Comité de prévention et de précaution mis en place par Corinne Lepage, alors ministre de l’environnement, attribue aux particules émises par le gazole «  une vaste gamme d’effets sanitaires » tels que l’asthme, des pathologies respiratoires et la surmortalité par affection cardio-vasculaire ou cancer du poumon. Malgré cela, en 2008, grâce au « bonus-malus écologique » mis en place par le Grenelle de l’environnement, le gazole va encore une fois primer sur l’essence. Sur la base seule de ses moindres émissions de gaz à effet de serre, les moteurs diesel continuent à être avantagés ; leurs émissions d’oxyde d’azote sont, elles, ignorées.
Classées comme cancérigène certain en 2012, la conscience politique commence seulement à évoluer sur la question des émissions des moteurs diesel. En février 2015, Ségolène Royal et Manuel Valls ont confirmé que le gouvernement agirait pour réduire la part du diesel, dans le parc automobile français. C’en est suivi la prime à la conversion. Une prime de 10 000 euros à l’achat ou la location d’un véhicule neuf émettant jusqu’à 20 g CO2/km (voiture électrique) contre la mise au rebut d’un véhicule diesel de plus de 10 ans. Mais l’action la plus directe reste l’engagement à un rapprochement des tarifs de la TICPE (Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Énergétiques) du gazole et des essences. En 2016 et en 2017, le tarif applicable au gazole augmentera d’1c€/l et celui des essences baissera d’1c€/l.
cled12_4x4diesel-704f0Cependant l’écart entre le diesel et le sans-plomb est trop faible pour que les automobilistes cessent de voir le diesel comme avantageux, financièrement parlant. Surtout lorsque l’on ignore si le prochain gouvernement suivra la même route quant à l’augmentation des taxes sur le diesel. Malgré ses prétendus efforts, le gouvernement actuel insiste toujours sur les moindres émissions du diesel, clamant que « la baisse des émissions de CO2 du transport routier est aussi à relier à la croissance accélérée de la part des véhicules diesel (moins émetteurs de co2 au kilomètre que les véhicules essence) dans la circulation des voitures françaises », dans ces chiffres clefs pour 2016. De telles annonces favorisent clairement les voitures diesel, ce qui contribue à leur constante augmentation sur les routes françaises.
Chiffres clés du transport 2016
Chiffres clés du transport 2016
Cependant si le diesel est classé comme cancérigène certain, le CIRC a en 2012 aussi évalué l’essence comme cancérigène probable, soulignant l’urgence non seulement de changer nos mentalités quant au diesel, mais aussi de trouver une alternative durable aux produits pétroliers.

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
Cet article a été publié dans Transport. Ajoutez ce permalien à vos favoris.