La coupe de cheveux en attente

L’âge de faire – journal mensuel alternatif – mai 2016 –
A Frontignan (Hérault), au salon de coiffure de Guillaume Dartevelle, on pratique a coupe de cheveux en attente : « Les gens laissent un don. Ils laissent ce qu’ils veulent (…). Une fois qu’on atteint la moitié du prix d’une coupe, l’autre moitié, c’est nous qui la mettons. Dès qu’on a atteint 17 euros, on a une coupe gratuite et disponible pour quelqu’un qui nous est envoyé », explique le coiffeur aux caméras de France 2 (voir le reportage). 
cafeGuillaume Dartevelle s’inspire ainsi de la tradition napolitaine du « café suspendu » : qui veut paie un café en plus de celui qu’il consomme. Il s’agit d’un café prépayé pour un inconnu qui en fera la demande. Le concept a débarqué en France en 2013 et a rapidement essaimé. une centaine de commerces affichent aujourd’hui la pratique sur les plate-formes Internet répertoriant les initiatives des produits « suspendus » (1). Après le café, le pré-paiement a été transposé à la baguette de pain, aux pizzas, aux cornets de frites, aux menus du jour, et maintenant à la coupe de cheveux. En un an, Guillaume a honoré 30 coupes en attente.
« On n’a jamais refusé une coupe par manque de dons« , se réjouit le coiffeur. Le principe connaît du succès côté dons, mais généralement, les produits en attente ont du mal à trouver preneur. Guillaume Dartevelle a donc pris contact avec les services sociaux de la ville et des associations comme « Femmes en Languedoc », qui se chargent de faire connaître l’initiative. « On voit qu’on donne aux gens une petite touche de bonheur, de bien être… Moi aussi, j’y trouve mon compte !« 

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Chez Fred, place du Palais à Bordeaux : un tableau a été installé derrière le comptoir pour tenir le compte des cafés en attente. © Photo Thierry David – Sud-Ouest
(1) Parmi les différentes plate-formes, http://www.coffeefunders.fr/fr

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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