À 27 ans, elle fonde HOP pour dire « Halte à l’Obsolescence programmée »

Le site D’Annabelle Baudin 15/05/2016 –
C’est sur Twitter que je découvre HOP *, l’association créée par Laetitia Vasseur dont l’objectif est de lutter contre l’obsolescence programmée. Je décide d’aller à la rencontre de cette actrice du changement dont la démarche m’interpelle. Laetitia me parle de son engagement avec enthousiasme et de ce monde où tout est à réinventer. Rencontre !
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Lorsqu’elle définit son métier, son message est limpide : « À l’heure où nos matières premières se raréfient, et où il est de plus en plus difficile et coûteux de les extraire,  HOP propose des alternatives positives afin de mettre un terme à cette stratégie économique et commerciale qui n’a plus de sens. » 
Composée de juristes et d’experts en économie sociale, l’association souhaite sensibiliser le plus grand nombre de personnes au phénomène d’obsolescence programmée.
Inventée dans les années 30 par Bernard London, un agent immobilier new-yorkais, l’obsolescence programmée impose aux produits une durée de vie limitée afin de pouvoir les remplacer par d’autres, entretenant ainsi nos besoins de nouveaux biens. Aujourd’hui, cette pratique nous condamne à des modes de consommation polluant à l’excès et surexploitant les ressources naturelles.
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Pour Laetitia, la société de consommation ne fait plus rêver personne. En outre, une étude européenne** publiée le 30 mars dernier montre que nous condamnons majoritairement l’obsolescence programmée. Un label « durable » garantissant la résistance à l’usure pourrait même booster les ventes de certains produits. « Le futur est en marche, constate Laetitia, cependant, nous nous sentons encore seuls face aux grosses machines des lobbyistes et des industriels. »
Laetitia est déterminée. « Notre pouvoir en tant que consommateur est immense. Nous devons absolument en prendre conscience. »  Elle souligne que si nous choisissons consciemment nos produits pour leur longévité, les fabricants seront dans l’obligation de s’adapter. « Agir ainsi, c’est nous offrir la possibilité de passer d’une société du gaspillage à une société du durable. » De fait, c’est aussi reprendre confiance en nous, via notre capacité à faire bouger les lignes.
Mue par une énergie surprenante, elle souhaite grâce aux actions de HOP encourager des modèles économiques alternatifs autour de la réutilisation, la réparation et le recyclage des produits. « Il s’agit de réinjecter du sens dans un modèle économique à la dérive, affirme-t-elle. Favoriser les circuits-courts, remplacer la possession d’un bien par son usage ou encore mettre en lumière la qualité et la durabilité des produits. »
Loin d’augurer la fin de la consommation, Laetitia nous enjoint à comprendre les enjeux du présent pour mieux préparer à l’avenir.
Pour la fondatrice de HOP,  dès lors que nous prendrons la peine de nous intéresser aux alternatives, nous serons tous en mesure de les soutenir. « Nous aspirons tous à vivre une vie qui fait sens, aux antipodes des pratiques absurdes qui détruisent chaque jour nos écosystèmes, et par là-même notre équilibre.»
Originaire de la région parisienne, elle se souvient qu’enfant elle rêvait d’être médecin, ou avocate. À la suite de ses études de droit et de science politique, Laetitia travaille sur la proposition de loi qui devait reconnaître le délit d’obsolescence***. « C’était en 2013, travailler au Sénat a été mon premier emploi. Cela m’a permis d’ouvrir les yeux sur les enjeux politiques. Le comprendre me semblait nécessaire afin de pouvoir prendre conscience que l’action législative est importante mais ne suffit pas, » m’explique-t-elle avec la sagesse de ceux qui ont intégré que notre société est capable de se prendre en main dès lors qu’elle ne cède pas au cynisme et qu’elle transforme la peur en action.
L’année suivante, Laetitia décide de sortir de sa zone de confort pour aller à la rencontre d’autres modes de vie. « J’avais 25 ans, je suis partie un an et demi, voyager autour du monde. Ce périple m’a permis d’avoir une nouvelle perception de la réalité. C’est là que le déclic pour mon engagement a eu lieu. » 
Dans les pays du sud-est asiatique, notamment au Cambodge, elle découvre la misère des rivières polluées par des produits de grande consommation. « Chaque jour, je rencontrais des personnes habitant près de rivières envahies de déchets comme des papiers de junk-food, ou d’autres produits issus de grandes firmes américaines, notamment. Ces nouveaux déchets polluent l’eau qui n’est alors plus potable. » Laetitia reconnait que c’est à ce moment précis qu’elle a pris conscience que ce n’est pas parce que les conséquences de nos modes de consommation ne sont pas perceptibles instantanément qu’ils n’existent pas… 
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Plage au Myamar@laetitiaVasseur
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L’obsolescence programmée désormais punie par la loi – (L’Express L’Expansion ) Une disposition de la loi sur la transition énergétique, définitivement adoptée au Parlement le 22 juillet dernier, fait de l’obsolescence programmée une infraction passible de deux ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende.

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Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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