Agrochimie : l’Allemand Bayer veut acquérir Monsanto

Le Monde – 19/05/2016 – avec AFP et Reuters
« Les dirigeants de Bayer ont récemment rencontré les responsables de Monsanto pour discuter en privé d’une acquisition négociée de Monsanto », a indiqué le groupe allemand dans un communiqué.Après la fusion (en cours) des groupes américains Dow Chemical et DuPont et celle du suisse Syngenta avec le chinois ChemChina, le secteur de l’agrochimie (pesticides, cultures OGM, etc.) pourrait voir émerger un autre « géant » : ce sont aujourd’hui les groupes allemand Bayer et américain Monsanto qui pourraient se rapprocher.
Le groupe de chimie-pharmacie allemand a confirmé, jeudi 19 mai, de premières discussions avec le groupe de biotechnologies américain à propos d’une fusion, sans que pour l’heure aucun accord ferme ait été trouvé.
Bayer-Monsanto : manger ou être mangé
Le paradoxe surprend toujours. L’Allemagne, pays du renoncement au nucléaire et du végétarisme, où la conscience écologique est la plus puissante en Europe avec la Scandinavie, est aussi le paradis des fabricants de pesticides. Et cette particularité pourrait bien être encore renforcée si Bayer parvient à mettre la main sur Monsanto. L’agence Bloomberg a révélé, jeudi 12 mai, que le grand chimiste rhénan travaillait sur une offre à plus de 40 milliards de dollars (35 milliards d’euros) sur le roi américain des semences, producteur du fameux herbicide Roundup et cible favorite des écologistes du monde entier.
Si elle se concrétise, l’affaire marquera une nouvelle étape dans la fantastique concentration qui saisit en ce moment le métier de l’agro-industrie. Aux Etats-Unis, les géants DuPont et Dow Chemical ont décidé, début 2016, d’unir leur destin pour la modique somme de 130 milliards de dollars, tandis que le chinois ChemChina a mis la main sur le suisse Syngenta, en avril dernier, pour 43 milliards de dollars.
La règle semble désormais simple : manger ou être mangé. Par deux fois, en 2014 puis à plusieurs reprises en 2015, Monsanto a tenté d’avaler Syngenta. Il a finalement jeté l’éponge. Depuis, son cours de Bourse s’est affaissé, ses derniers résultats ont été affectés par la baisse de revenu des agriculteurs américains et il est passé du statut de prédateur à celui de proie. Tapis dans l’ombre, deux géants de la chimie allemande, Bayer et BASF, sont à l’affût. Et il n’est pas impossible que ce dernier surenchérisse sur l’offre de son concurrent et voisin.

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