Loir-et-Cher – Catastrophe pour les agriculteurs : bétail noyé, cultures détruites /On en parle peu dans les médias télévisés en dehors de Paris qui a la primeur de l’information avec quelques autres villes

La Nouvelle République 04/06/2016 05:46
Des dizaines d’animaux ont été noyés, en particulier dans la vallée du Cher. Les céréales d’hiver ont été couchées. Les semis de printemps restés sous l’eau sont perdus. Lourds dégâts !
Il faudra attendre la décrue pour dresser le bilan exact des pertes mais elles s’annoncent colossales pour les agriculteurs de Loir-et-Cher touchés à la fois par de très fortes pluies et les inondations.

MONTOIRE BETAIL INONDE - 2

« C’est très grave pour les éleveurs, en particulier dans la vallée du Cher », confie Philippe Noyau, le président de la chambre d’agriculture. Des dizaines d’animaux sont morts noyés, dont 30 des 40 bêtes d’un exploitant de Chémery, dont le troupeau a été piégé par la montée des eaux de la rivière.
C’est le cas le plus marquant, mais pas le seul. A Sainte-Gemmes, par exemple, l’eau a envahi les bâtiments d’un aviculteur et près de 3.000 volailles ont péri. Partout, l’évacuation des carcasses est compliquée à la fois par les difficultés de circulation et l’interdiction faite aux poids lourds de circuler au sud de l’axe Orléans – Le Mans.
Une dérogation pour la collecte du lait
Difficile, dans ces conditions, d’expédier ces derniers jours les asperges ou les fraises qui ont pu être récoltées là où c’est possible. D’ailleurs, aucun acheteur ne s’est présenté au Cadran de Sologne, à Fontaines. Dans plusieurs élevages de chèvres et de vaches laitières, les tanks de conservation sont pleins mais la situation devrait revenir à la normale. La préfecture a, en effet, accordé une dérogation de circulation aux camions-citernes de collecte de lait.
Ces éleveurs vont devoir faire face à des difficultés d’approvisionnement en fourrage. L’herbe qui était prête à faucher est perdue. Le foin fera défaut. Pour nourrir les animaux, la solidarité paysanne s’exprime au travers d’une bourse au fourrage mise en place par la chambre d’agriculture, dont la cellule de crise est activée.

CEREALES NOYEES CHER

En ce qui concerne les cultures, les fraises qui ont été recouvertes d’eau sont perdues, tout comme les plants chez les pépiniéristes. A Thoury, l’entreprise Loiseau annonce ainsi une perte de 200.000 euros. Les céréales d’hiver (blé, orge) ont été couchées par les fortes averses. Avec le retour du beau temps, une partie de ces cultures parviendra, peut-être, à se redresser mais la récolte s’annonce d’ores et déjà pénalisée. Les semis de printemps (millet, tournesol, maïs) qui sont restés plusieurs jours sous l’eau sont quant à eux détruits. « Les parcelles ont été recouvertes d’une croûte boueuse, de débris, rien n’y poussera », soupire Philippe Noyau.
Grosses pertes en prévision également pour le maïs semence. Car ces désordres vont se traduire par un décalage entre les espèces mâle et femelle qui empêcheront de croiser les deux variétés. Plus de 90 % des 700 hectares de maïs semence cultivés pour Axéréal en Loir-et-Cher ne seront pas fécondables. « Ces inondations sont dramatiques, constate Florent Leprêtre, le président de la FDSEA 41. Elles vont accentuer la crise économique que connaît déjà l’agriculture. Nous n’avions vraiment pas besoin de ça ! » Au passage, le syndicaliste prévient « qu’il y aura des leçons à tirer de ces événements en matière de normes environnementales ». Il pose ainsi la question de l’entretien des fossés et des rivières et soulève aussi l’interdiction de draguer le sable dans le lit de la Loire, « ce qui freine l’écoulement de ses affluents ». Un débat ancien qui ressurgit à chaque crue.
Indemnisation des agriculteurs
Les aides publiques s’annoncent essentielles pour le secteur agricole : 30 % seulement des exploitants sont assurés « tous aléas » en Loir-et-Cher. La reconnaissance de l’état de calamité agricole devrait faciliter les indemnisations. Le ministère de l’Agriculture, dans un communiqué, demande aux exploitants touchés par les inondations de se mettre en ordre de marche pour permettre une prise en charge par le Fonds national de gestion des risques en agriculture (FNGRA) des dommages liés à des pertes de fonds (dommages au sol, nettoyage des détritus), ainsi que des pertes de récolte sur les cultures éligibles aux calamités, constatées à l’issue de la campagne de production. Cette prise en charge sera possible après étude par le Comité national de gestion des risques en agriculture des demandes de reconnaissance de l’état de calamité agricole pour les pertes éligibles au FNGRA.
Christophe Gendry

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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