L’OTAN à la manœuvre face à la Russie de Vladimir Poutine

Le Monde 08/07/2016

313184_3_a729_le-secr-taire-g-n-ral-de-l-otan-le-norv-gien-jen_30be37e6f637f99ec31a5826a248a279

 Le secrétaire général de l’OTAN, le Norvégien Jens Stoltenberg (à gauche), et le président polonais, Andrzej Duda, échangent une poignée de main au palais du Belvédère de Varsovie, à la veille de l’ouverture du sommet de l’Alliance, le 7 juillet. AGENCJA GAZETA / REUTERS
C’est un rendez-vous très attendu, qui survient dans un contexte géopolitique volatil. Les vingt-huit chefs d’Etat et de gouvernement de l’OTAN se retrouvent en sommet à Varsovie, vendredi et samedi, afin d’asseoir un peu plus leur présence militaire dans l’est de l’Europe ; un message clairement adressé à la Russie de Vladimir Poutine.
Installation progressive d’un bouclier antimissile sur le territoire européen, futur déploiement de quatre bataillons multinationaux en Estonie, Lettonie, Lituanie et Pologne, organisation régulière d’exercices militaires (une cinquantaine pour le seul mois de juin) : l’Alliance atlantique veut prouver à Moscou qu’elle jouit d’un potentiel de riposte inaltéré en cas d’agression.
Depuis l’annexion à la hussarde de la Crimée, en mars 2014, et la déstabilisation subséquente de l’est de l’Ukraine, dans laquelle les séparatistes prorusses ont joué un rôle central, l’OTAN n’a cessé de durcir le ton contre la Russie, sans pour autant parvenir à faire bouger les lignes.
En marge du sommet, les présidents ukrainien, Petro Porochenko, et polonais, Andrzej Duda, devraient s’entretenir de la situation, Varsovie ayant été l’un des principaux soutiens de Kiev face au Kremlin. Une solidarité qui n’a rien de fortuite. D’aucuns redoutent en effet que le « scénario ukrainien » ne se répète ailleurs. Newsweek
Pour Luke Coffey, chercheur spécialiste de la sécurité transatlantique et eurasienne, il est clair que, depuis la fin de la guerre froide, en 1991, l’Alliance se cherche un nouveau modèle. Mais il se pourrait fort que celui-ci ressemble en fait à l’ancien, à savoir la défense territoriale, explique-t-il, ajoutant que Vladimir Poutine n’est pas un interlocuteur digne de confiance. Al-Jazira
L’analyste politique Vladimir Frolov pense au contraire qu’après deux ans et demi de « tensions militaires et diplomatiques », le maître du Kremlin est engagé sur la voie de la « désescalade » vis-à-vis de l’Occident. The Moscow Times
A cette aune, la réunion du 13 juillet à Bruxelles entre l’OTAN et la Russie sera un bon test sur la sincérité de Moscou. Mais les experts et anciens diplomates sollicités par Bloomberg ne croient guère à l’apaisement, arguant que l’Alliance en fait trop peu pour prévenir une éventuelle attaque de la Russie, mais trop pour la rasséréner…

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
Cet article, publié dans Défense, Europe, International, Politique, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.