Vienne – Aberrant … Sanctionné, l’herboriste corrige et fait appel. Il explique pourquoi …

La Nouvelle République – 23/07/2016
Condamnée à 3.000 € pour exercice illégal de la pharmacie, l’herboristerie Larmignat apporte des corrections pour se mettre en conformité. Et fait appel.

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 Début juillet, Jean-François Cavallier, gérant de l’herboristerie Larmignat, commerce historique de Châteauneuf, a été condamné pour le tribunal correctionnel de Poitiers à 3.000 € d’amende, dont la moitié avec sursis, pour exercice illégal de la pharmacie. Il doit en outre payer 1.000 € de dommages-intérêts au conseil de l’Ordre des pharmaciens, qui s’était porté partie civile (notre édition du 5 juillet).
Pourquoi il fait appel
Sur son intention de faire appel, l’herboriste évoque des raisons presque « philosophiques » : « Je veux que la loi change. Je souhaite défendre le principe qu’un pharmacien diplômé compétent – c’est-à-dire titulaire d’un diplôme universitaire phytothérapie délivrée en fin de 6e année d’Université – puisse avoir une boutique – qu’on continuerait à qualifier d’herboristerie – de vente de plantes médicinales non toxiques, strictement réservées à ce jour au monopole pharmaceutique. » Jean-François Cavallier envisage de « faire circuler une pétition » et de « prendre contact avec des parlementaires » qui seraient prêts à préparer un projet de loi dans ce sens

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Jean-François Cavallier milite pour que la loi change.
L’étiquetage des produits modifié
Trois semaines après l’audience, le commerçant, invité à réagir, déclare qu’il « respecte la décision de la justice », et même qu’il « peut la comprendre à la lecture stricte de la loi ». Néanmoins, ajoute-t-il, « sur le fond, je trouve cette loi aberrante ». C’est pourquoi il annonce son intention de faire appel.
herboristerie LamaignatJean-François Cavallier, qui fabrique lui-même une partie des produits à base de plantes médicinales vendus dans son commerce, n’a aucunement l’intention de mettre la clé sous la porte (la justice ne le lui a d’ailleurs pas demandé) : sa boutique se porte bien, il a cinq salariés et les clients ne manquent pas.
Néanmoins, à la lecture du jugement, et avant même de connaître l’issue de l’appel, le pharmacien diplômé a décidé d’apporter deux corrections dans la commercialisation de ses produits.
D’une part, il dit avoir retiré « immédiatement » les étiquetages faisant expressément référence aux produits pharmaceutiques des préparations mises en vente (grippe, rhumatisme, asthme…). Lors de l’enquête, le commerçant avait d’ailleurs reconnu « des erreurs » en la matière. « Je vais remplacer angine par maux de gorge, asthme par bronches, etc. Bref, je ne dois plus mettre de terme faisant référence à une maladie, un symptôme, laissant penser que ça soigne », s’engage-t-il.
D’autre part, pour ne plus se voir reprocher de vendre des produits relevant du monopole pharmaceutique, il va « passer l’ensemble de (ses) produits sous le régime des compléments alimentaires. »
Depuis 2008, une partie des plantes médicinales peuvent être autorisées à la vente si elles sont classées comme compléments alimentaires, et sous certaines conditions strictes (non-toxicité, dosage limité…). « Pour chaque produit – j’en ai 200 ou 300 –, je vais remplir un dossier de «  déclaration de mise sur le marché d’un complément alimentaire « , avec un certain nombre de précisions : ingrédients et plantes utilisés, dosage, conseils d’utilisation, etc., détaille-t-il. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes aura deux mois pour donner ou non l’autorisation de mise sur le marché. » Il sera alors, assure-t-il, « en conformité avec la loi ».
Anthony Floc’h
Vienne – Châtellerault –

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Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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