Australie : haro sur le régime de détention des mineurs

Le Monde 29/07/2016
Ce sont des images qui ont suscité un long cortège de réactions outrées. En Australie, les caméras de vidéosurveillance du centre de détention pour mineurs Don Dale, situé à Darwin (Territoire du Nord), ont révélé les humiliations récurrentes subies par certains adolescents de la part de leurs gardiens.

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Extrait du documentaire diffusé sur la chaîne ABC le 25 juillet et dans lequel on voit un adolescent (en haut de l’image) brutalisé par un gardien, au centre de détention pour mineurs Don Dale, à Darwin (Territoire du Nord). AUSTRALIAN BROADCASTING CORP’S FOUR CORNERS / AFP
L’un des enregistrements montre notamment Dylan Voller, torse nu, encagoulé et sanglé à une chaise de contention pendant deux heures. Face au tollé provoqué par la diffusion de ce document dans l’émission d’enquête de la chaîne publique ABC « Four Corners », le chef du gouvernement du Territoire du Nord, Adam Giles, a admis que « cela passait mal à la télévision ». The Guardian
Dans une lettre publique dont la BBC se fait l’écho, le jeune homme de 19 ans (17 au moment des faits), incarcéré pour vol, vol aggravé et agression, a tenu à remercier « l’ensemble des Australiens » pour le soutien qui lui a été apporté. « Je souhaiterais également saisir cette occasion pour présenter mes excuses à la communauté pour les fautes que j’ai commises. Je suis impatient de sortir et de me racheter », a-t-il ajouté.
Le premier ministre australien, Malcolm Turnbull, qui s’est dit « choqué et atterré », a annoncé la mise en place d’une commission royale – à savoir une enquête publique de premier plan – à laquelle seront dévolus d’importants moyens judiciaires. CNN
La médiatisation de cette affaire a fait grand bruit, d’aucuns appelant à la dissolution du gouvernement local et à la conduite d’investigations dans les autres Etats de l’Australie (le pays en compte six).
Le Territoire du Nord, dont environ 30 % de la population est d’origine aborigène (une proportion bien plus élevée que n’importe où ailleurs sur le sol national), possède l’un des taux d’emprisonnement les plus élevés du monde : 1 % des quelque 250 000 habitants y sont embastillés, relève The Daily Telegraph.
Sous pression, Adams Giles a reconnu qu’il existait une « culture de la dissimulation » et que celle-ci ne datait pas d’hier. « Une communauté est jugée à la manière dont elle traite ses enfants », a-t-il affirmé.
A cette aune, nul doute que le jugement sera sévère. Celui du Sydney Morning Herald, en tout cas, est sans appel. Dans un éditorial incisif, le quotidien australien dénonce sans ambages un « manquement honteux à [notre] devoir de protection [des mineurs] ». Et conclut : « Ces abus ne sont pas nouveaux. Seulement, trop peu de gens s’en sont préoccupés pour y mettre un terme. »

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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