En Tunisie, le pari perdu de Habib Essid

Le Monde 01/08/2016
Son bail aura été de courte durée : dix-huit mois seulement. Samedi soir, le premier ministre tunisien, Habib Essid, a perdu la confiance du Parlement lors d’un vote solennel de l’Assemblée des représentants du peuple. Sur 191 députés présents, 118 se sont prononcés contre lui (3 pour et 27 abstentions). Al-Jazira, Middle East Eye

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Le président tunisien, Béji Caïd Essebsi (à droite), s’entretient avec le premier ministre, Habib Essid, au palais de Carthage, à Tunis, le 12 janvier. FETHI BELAID / AFP
L’éviction de M. Essid, un technocrate âgé de 67 ans, n’est que le point d’orgue du contentieux qui l’opposait depuis deux mois au président Béji Caïd Essebsi, 89 ans, à propos de l’opportunité de mettre en place un gouvernement d’union nationale. BBC
Au début du mois de juin, le chef de l’Etat avait estimé que la Tunisie, minée par une croissance étique (0,8 % en 2015, contre 2,3 % un an plus tôt) et un taux de chômage élevé (15 % à la fin de décembre), avait besoin d’une nouvelle gouvernance pour mener à bien des réformes courageuses.
Depuis la « révolution du jasmin », qui a chassé du pouvoir Zine El-Abidine Ben Ali à la mi-janvier 2011, le nombre de sans-emploi a crû de manière exponentielle. De fait, plus d’un tiers des jeunes n’exercent aucune activité. IB Times
Voué aux gémonies par les quatre partis associés à la coalition gouvernementale (Nidaa Tounès, Ennahda, Afek Tounès et Union patriotique libre) pour son incapacité à remettre le pays sur les rails de la prospérité, le premier ministre sortant a défendu son bilan en matière de lutte contre le terrorisme. « Ce gouvernement s’inscrivait dans la durée parce que la situation dans notre pays nécessitait de la continuité », a-t-il lancé.
Alors que des négociations vont s’ouvrir ce lundi pour désigner le successeur de M. Essid, comment la Tunisie peut-elle se déprendre des maux qui la rongent ? Dans une tribune à Jeune Afrique, Mongi Hamdi, ancien ministre des affaires étrangères (de janvier 2014 à février 2015), juge qu’un « plan Marshall » est nécessaire. Avec trois volets : économique, social et sécuritaire.
Quelles qualités le futur locataire de la Kasbah (le siège du gouvernement, à Tunis) devra-t-il avoir ? La Presse de Tunisie a une idée très arrêtée sur le sujet : « fervent, efficace, volontaire, aussi cultivé qu’un Senghor [au Sénégal] et aussi “sorcier” qu’un Houphouët-Boigny [en Côte d’Ivoire] » ; aussi « sensible qu’un poète » et intransigeant qu’un Robespierre ; un « bon timonier (…) combatif dans la tempête » et « magicien ». En résumé : un « illusionniste ».

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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