Tueries d’Orlando, Colombine, Charleston… la NRA vous dit merci !

Hara Kiri N°4 été 2016 –
En Amérique, quel que soit le nombre de victimes, quel que soit l’âge des victimes, quelle que soit la fréquence des tueries, le bénéfice d’une fusillade revient toujours aux mêmes personnes : les fabricants d’armes et leur saint patron, la NRA.
291365La peur est un instrument extrêmement utile. Elle permet, sans qu’on s’en rende compte, de faire passer les lois les plus ignobles, de placer les pires salopards à la tête d’un pays et, bien évidemment, d’accroître les recettes des vendeurs d’armes. Et ça, la NRA l’a parfaitement compris.Première association de défense et de promotion du port d’armes aux États-Unis, la structure joue à l’envi des pires penchants de la nature humaine pour se faire du pognon. Son modèle marketing est hyper simple et se traduit en quelques points : posséder une arme à feu (les lance-flammes ça compte également) est un droit constitutionnel; le citoyen doit pouvoir se défendre lui même face aux menaces; ceux qui veulent vous priver de vos droits sont des criminels qui veulent vous réduire en esclavage ou violer vos enfants… Et bien qu’elle ferait marrer n’importe quel enfant de dix ans, cette rhétorique fécale fonctionne à merveille outre-Atlantique. Mieux, elle permet, chaque année, aux fabricants d’armes, d’accroître leurs bénéfices et de continuer à faire du fric sur le dos des morts et de leurs familles.
Les tueurs de masse, ces publicités vivantes
Comme l’a dit Donald Trump (l’un des principaux défenseurs de la NRA aux États-Unis), si les spectateurs du Bataclan avaient été armés, il n’y airait pas eu de tuerie ! Et c’est là tout le propos tenu par les pro-NRA. Même le nez plongé dans leurs propres contradictions, ils poursuivent et se nourrissent des atrocités produites par leur système. Les tueries de masse qui surviennent régulièrement en Amérique ne sont pas vues comme un désaveu pour ces marchands de mort, mais comme la confirmation qu’il est nécessaire d’être de plus en plus armé pour affronter une menace de plus en plus grande. Ladite menace étant en grande majorité, générée par la facilité ahurissante avec laquelle n’importe quel déséquilibré ou terroriste peut se procurer un semi-automatique ou un véritable lance-flammes dans un supermarché. En attendant, d’abjectes tueries surviennent régulièrement. Des jeunes se font tuer parce qu’un voisin, un rival ou un inconnu possédait un 357 Magnum et a été assez fou pour en presser la détente.  Et dans un pays où les gens sont assez bêtes pour s’accrocher à un amendement datant du XVIIIème siècle pour conserver leur précieux pétard, les politiciens sont muets… quand ils ne collaborent pas directement avec cette industrialisation de la mort.
Note : Le deuxième amendement de la Constitution des Etats-Unis d’Amérique garantit pour tout citoyen américain le droit de porter des armes. Il fait partie des dix amendements passés le 15 décembre 1791, couramment appelés « Déclaration des Droits » (Bill of Rights). Le texte traduit du deuxième amendement est le suivant : « Une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d’un État libre, le droit qu’a le peuple de détenir et de porter des armes ne sera pas transgressé. »
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Le second amendement de la constitution américaine et son évolution actuelle

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