Jusqu’où iriez-vous pour un Pokémon ?

Zero Hebdo – N°1 – 03/08/2016 –
Le monde est-il rempli de tarés ? C’est la question que pose clairement l’irruption du tout nouveau jeu Pokémon Go. Entre l’appli de réalité augmentée et le jeu conventionnel, il propose aux passionnés de parcourir le monde réel à la recherche de Pokémons. Petit hic, les tout petits cerveaux des joueurs ne font apparemment plus la distinction entre leur quartier et le virtuel.
Dans un monde où tout semble se standardiser à la faveur d’une recherche maximale de gains et de profits à court terme, la firme japonaise Nintendo a peut-être réussi à créer l’exploit. En lançant Pokémon Go, elle bouscule les codes du jeu vidéo en mêlant son univers à la notion de réalité virtuelle. Mais bien entendu, l’extrême crétinerie des fans a été largement sous-estimée par les concepteurs de ce nouveau projet.
Depuis quelques semaines, c’est à un véritable concours d’imprudence auquel se livrent les joueurs du monde entier. Si la survie de la race humaine dépend du niveau ambiant et de l’intelligence de la génération montante, on est foutus. Rideau ! Vous pouvez directement envoyer le générique de fin. Et pas la peine de s’attarder sur les crédits. De toute manière, personne ne les lira. Pas un jour ne se passe sans que les médias (oui, ceux qui n’ont que ça à foutre) ne diffusent des images navrantes d’un boutonneux fauché par une bagnole. Car oui, certains jeunes n’ont apparemment pas la capacité de faire le distinguo entre la réalité  et… la réalité virtuelle. Les yeux rivés sur l’écran de leur smartphone, ils prennent tous les risques pour courir au cul de Pikachu et de ses potes.

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Une situation bizarre
Joueurs fauchés par des voitures ou arrêtés alors qu’ils pénétraient sur une base militaire…  Bien qu’étonnante, la situation est prise très au sérieux par les autorités. Très au sérieux. Plus habituée au flashball qu’aux pokeball, la police française émet des avis de prudence à tout-va sur les réseaux sociaux. « Ne vous faites pas buter pour un Pokémon », voilà, en clair, le fond du message. Et les Bleus ne sont pas les seuls à alerter le public. Dans les grandes villes ou les petits villages, devant nous défilent de jolis paysages. Mais peu à peu, une armée de zombies acnéiques envahit les environs. Et là, le monde devient beaucoup plus glauque. On est clairement face à une rupture. Une rupture de perception du réel et de la dangerosité des choses. Accessoirement, de jeunes enfants syriens ont pris la (poké)balle au bond en se photographiant avec une affichette comportant un Pokémon. Ne nous laissez pas crever pour de vrai ! Mais bon, le petit monde dans lequel nous sommes est basé sur le divertissement. Du coup, les minots de Damas pourront bientôt remballer leur pancartes. A moins qu’on ne les enterre avec.

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