Deux-Sèvres – Dans la peau de … Olivier Pain batelier dans le Marais poitevin : motard du dernier Dakar

La Nouvelle République 27/08/2016 05:38
Tout l’été, la NR propose à des personnalités de se glisser quelques heures dans la peau d’un professionnel dont l’activité leur est inconnue. Ils sont artiste, élus, sportif, président des Chamois niortais ou président de la chambre de commerce et d’industrie… Neuf d’entre eux ont accepté de jouer le jeu
Une matinée, Olivier Pain, le motard aux 10 Dakar, a “ piloté ” une barque de l’embarcadère La Trigale, à Coulon.

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Pas de lentilles à la surface de l’eau mais un bon premier contact avec le métier de batelier pour le motard saint-maixentais. – (Photos NR, Ph.B.)
Un chaud samedi de juillet, le rendez-vous a été fixé assez tôt, pour profiter de la fraîcheur du Marais et de son labyrinthe aquatique pas encore emprunté par les visiteurs. « Je suis un peu à la bourre mais j’arrive. »

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Pas de SOS, mais un SMS envoyé par Olivier Pain,« aventurier » du jour. 9 h 35, le motard saint-maixentais débarque sur quatre roues, place de l’Église à Coulon.
22e motard du dernier Dakar dont il a disputé dix éditions en montant une fois sur le podium (3e en 2014), il a accepté de se glisser dans la peau d’un gars qui sait mener sa barque et ramener ses passagers à bon quai. « Les clients viennent passer un bon moment. Il faut échanger avec eux et la prestation doit être à la hauteur de leur attente », dit Stéphane Richard, le patron de l’embarcadère La Trigale qui l’accueille.

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A l’écoute des moniteurs de la barque-école
pigouille10 h, départ d’une spéciale inédite pour Olivier Pain initié en deux coups de pagaie, plus aisée à manier que la pigouille, longue perche de saule terminée par deux pointes de fer, le « pigouillon ». Sur la Sèvre, ça tangue un peu. « Je me mets debout ou je reste assis ? » Dans la barque-école, Clément, Nicolas et Samuel, bateliers saisonniers, conseillent l’apprenti : « La main gauche en haut et la droite en bas. Et tu termines par une sorte de virgule. » Olivier Pain s’applique. « D’accord, je vois le principe. Et là, je prends à droite ? »
Faire pivoter l’embarcation (7 personnes maximum) dans des conches étroites ; la première fois ce n’est pas évident. Le spécialiste des pistes de terre ou de sable s’en sort plutôt pas mal. Quelques touchettes sur les berges et les racines plongeantes des frênes têtards, mais on sent Olivier Pain de plus en plus à l’aise. Il veut savoir qui sont ces bateliers, leur statut, leur formation, leur quotidien.

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Employés saisonniers (peu de filles), ils sont recrutés après sélection stricte, doivent avoir des références (natation, secourisme). Ils sont formés pour naviguer sur les parcours appris par cœur, et avoir une bonne connaissance du Marais afin de répondre aux questions.

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Bavard, Olivier Pain, mais il en oublie de surveiller sa barque qui va frotter le bord de la conche. « Là je pars en dérapage ; il faut que je tienne mon cap. » Des mots de pilote-navigateur de rallye. Là, pas d’accélérations pour mettre les gaz, mais un arrêt est effectué pour remuer le fond de l’eau et libérer le méthane enflammé d’un coup de briquet lorsque les bulles crèvent à la surface. Cela enchante les clients.

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11 h 15, retour à Coulon. Doucement, Olivier Pain vient ranger l’embarcation le long du quai. Dernière question avec le sourire. « Est-ce que j’ai mon diplôme de batelier ? »
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Tout l’été, la NR propose à des personnalités de se glisser quelques heures dans la peau d’un professionnel dont l’activité leur est inconnue. Ils sont artiste, élus, sportif, président des Chamois niortais ou président de la chambre de commerce et d’industrie… Neuf d’entre eux ont accepté de jouer le jeu. Christelle Chassagne, adjointe à la culture du maire de Niort, a découvert le métier de boucher-charcutier. Marie Jarry, adjointe à l’Agglomération du Bocage bressuirais, s’est initiée à la traite des chèvres chez un éleveur à Noirterre. Joël Coué, président des Chamois niortais, est devenu projectionniste de cinéma le temps d’un après-midi, Anne-Catherine Potriquier, élue thouarsaise, s’est transformée en balayeuse municipale, Philippe Dutruc, président de la chambre de commerce et d’industrie, en pizzaïolo, le peintre Franck Ayroles en conseiller en séjour de l’office de tourisme de Niort-Marais poitevin et la députée Delphine Batho en apicultrice. C’est aujourd’hui le tour d’Olivier Pain.
Philippe Biais

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A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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