Deux-Sèvres / Accueil des migrants – une expérience positive : mobilisation bienveillante d’une grande partie de la population

La Nouvelle République 05/09/2016 05:46
Depuis février, Melle a reçu plusieurs familles kurdes. L’élue référente se prépare à les recevoir sur de plus longues durées.

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La semaine dernière, devant l’un de ces pavillons mis à disposition des familles : la conseillère municipale rencontre un jeune père de famille accueilli depuis un peu plus d’un mois.
C ‘est à l’étude au conseil municipal…Martine David, l’ajointe au maire chargée des affaires sociales à Melle, élue référente pour les trois communes avec Saint-Léger-de-la-Martinière et Saint-Martin-lès-Melle, évoque la possibilité d’accueillir des migrants venant de la « jungle » de Grande-Synthe (1), dans le Nord, un peu plus longtemps, avec le secret espoir que chacun puisse trouver du travail dans le secteur.

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Accueil solennel et convivial pour les migrants des municipalités de Melle, Saint-Léger et Saint-Martin  en présence des associations et des bénévoles.
Le propos peut paraître provocateur et pourtant Martine David est très sérieuse. Depuis à peine sept mois Melle ainsi que ses partenaires, avec le soutien d’un collectif d’habitants volontaires, ont reçu une douzaine de familles, essentiellement kurdes irakiennes.
«  Elle prépare le goûter des enfants…  »
L’autorisation a été accordée par la préfecture dès 2015 pour ceux qui en avaient fait la demande. Melle est l’une des deux communes du département – avec La Mothe-Saint-Héray – agréée Centre d’accueil et d’orientation (CAO). But de l’opération au niveau de l’État : désengorger ce secteur près de Dunkerque et Calais où les réfugiés affluent depuis des années maintenant. Beaucoup de collectivités, y compris dans le département, avaient refusé l’an dernier tout accueil de ce type, craignant pour leur budget et leur paix sociale.
Quelques mois après, c’est un constat à l’opposé des craintes émises par les sceptiques que l’on fait à Melle : les voisins des trois ou quatre familles de réfugiés installés à tour de rôle – en général pour une durée de 1 à 3 mois – dans les anciens pavillons des sapeurs-pompiers de Melle, sont plutôt rassurés.
« Ce que nous craignions avant l’arrivée de nos premiers demandeurs d’asile, c’était la réaction de nos administrés, explique Martine David. C’est pour cela que nous avions alors organisé des réunions publiques. Un de ces futurs voisins, une dame assez âgée, nous avait alors fait part de son inquiétude. Aujourd’hui, elle est la première à vouloir préparer le goûter des enfants au retour de l’école quand les parents sont pris par ailleurs. »
Sur le plan financier, le CCAS de la commune reçoit de la préfecture une subvention de 25 € par migrant et par journée d’accueil. « Cela nous sert à couvrir des frais comme le pécule dont ils se servent pour leur alimentation ou se payer des choses comme une carte téléphonique », poursuit l’élue référente. Il y a aussi le salaire de l’assistant social à couvrir ou encore le coût des logements.
Mais avec la mobilisation bienveillante d’une grande partie de la population, les réfugiés peuvent compter sur une aide efficace. Les associations caritatives de Melle ouvrent leurs portes aux demandeurs d’asile comme aux autres bénéficiaires. Quant aux bénévoles répertoriés par le collectif, s’ils ne donnent pas de leur temps pour donner un cours de soutien en français ou un covoiturage quelque part, ils seront toujours prêts à offrir un vélo si la demande est faite comme un réfrigérateur si le besoin vient de là.

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Depuis février, les familles reçues par le CAO de Melle ont été ensuite dirigées en Cada (Centre d’accueil de demandeurs d’asile). « Comme ces derniers sont débordés actuellement, il est question au niveau de l’État de faciliter les conditions d’acceptation et de créer des unités plus petites. » C’est dans ce cadre que Melle se prépare donc à recevoir une ou deux familles supplémentaires, si besoin, sur des longues durées cette fois. Et Martine David de citer un artisan dans sa commune lui ayant fait la proposition d’accueillir en apprentissage un jeune kurde aimant la mécanique.
nr.niort@nrco.fr
(1) Ce nouveau camp reçoit des migrants désirant rejoindre l’Angleterre depuis janvier 2016.
repères
Droit à travailler ?
> Depuis fin 2015, les communes de Melle et de La Mothe-Saint-Héray sont agréées CAO (Centre d’accueil et d’orientation). Les demandeurs d’asile y sont restés depuis le début de l’année pour une durée allant de 1 à 3 mois.
> Les migrants sont ensuite dirigés par la préfecture vers des Cada (Centre d’accueil des demandeurs d’asile) où les migrants perçoivent une aide. Il en existe deux dans le département. Dans le même temps, l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) étudie chaque demande de statut de réfugié. Une clé sous forme de sésame qui ouvre droit au travail en France.
Philippe Engerbeau
Deux-Sèvres

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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