La Hongrie d’Orban persona non grata en Europe ?

Le Monde 15/09/2016
d45704a77cd88a05599894300e0414aeC’est un pavé diplomatique lancé dans le Danube. Dans un entretien au quotidien allemand Die Welt publié mardi, le ministre des affaires étrangères luxembourgeois, Jean Asselborn, a appelé à exclure, au moins de manière provisoire, la Hongrie de l’Union européenne – à laquelle elle a adhéré en mai 2004 – pour violation des valeurs fondamentales de l’UE. EUobserver
Pour le chef de la diplomatie du Grand-Duché, le gouvernement conservateur de Viktor Orban s’est de lui-même placé hors du champ démocratique avec sa politique autoritaire et son inclination mortifère au repli. « Ceux qui (…) bâtissent des clôtures contre les réfugiés de guerre, qui violent la liberté de la presse ou l’indépendance de la justice, devraient être temporairement, voire définitivement, exclus de l’UE », a-t-il plaidé sans ambages. BBC

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Le premier ministre hongrois, Viktor Orban, lors d’une conférence de presse à Belgrade, en Serbie, le 5 septembre. Darko Vojinovic / AP
Budapest a prévu d’organiser le 2 octobre un référendum sur le plan européen de répartition des réfugiés, un projet contre lequel le premier ministre et son parti, la Fidesz, ont milité avec véhémence, alors même que le nombre de migrants tentant d’entrer dans le pays a sensiblement diminué au cours des dernières semaines.
Pour s’assurer un vote populaire conforme à leurs vœux, les autorités ont envoyé à des millions de personnes un fascicule de dix-huit pages les exhortant à voter « non » au motif que ces « réinstallations forcées mettent en péril la culture et les traditions » nationales, précise The Guardian.
Alors que les Vingt-Sept se réunissent en sommet, vendredi à Bratislava (Slovaquie), pour jeter les bases d’une Union nouvelle après le séisme politique du Brexit (le retrait du Royaume-Uni), la saillie de M. Asselborn a semé le trouble. Son homologue magyar, Peter Szijjarto, n’a d’ailleurs pas tardé à le vouer aux gémonies, le qualifiant de « nihiliste typique » qui œuvre à la « destruction de la sécurité et de la culture de l’Europe ».
Sur le Vieux Continent, plusieurs responsables ont pris leurs distances avec la diatribe luxembourgeoise. C’est le cas notamment des ministres des affaires étrangères autrichien, Sebastian Kurz, et allemand, Frank-Walter Steinmeier – pourtant un ami proche de Jean Asselborn –, lequel a expliqué qu’il n’était personnellement pas favorable à l’exclusion d’un Etat membre. The Budapest Business Journal
La place de la Hongrie est-elle encore en Europe ? Le Luxembourg, dont l’influence en tant que membre fondateur de l’UE est grande comparativement à sa petite taille (à peine plus de 500 000 habitants), semble penser que non. Mais les propos de M. Asselborn, tout comme la réaction épidermique de Budapest, montrent que le débat sur l’identité européenne est loin d’être clos. The Atlantic

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Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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