Observer et lâcher-prise

Science de la conscience – magazine N° 62
nl_62_4« Je me suis demandé pourquoi lâcher prise devenait tout à coup tellement important, à l’heure où les humains de nos pays de nantis sont invités à posséder pour être heureux, l’indispensable téléphone portable ou la tablette dernier cri, à se protéger contre la vieillesse, les accidents de la vie, les voisins, bref à garder la main sur tout ce qu’ils possèdent de matériel et d’immatériel. Comme si nous avions la toute-puissance, le pouvoir d’empêcher d’être dépossédé un jour de ce qui est indispensable à nos yeux et censé nous rendre « heureux ».
Et puis, j’ai regardé (comme chacun de vous, je suppose) les reportages sur les catastrophes naturelles, les guerres, les attentats, qui privent en un instant une famille entière du toit qu’elle avait sur la tête, de tout ce qu’il y avait dessous, jusqu’à l’objet le plus essentiel ou le plus futile, sans oublier la perte d’un être cher, évidemment. On est tout à coup totalement démuni, sans défense, parfois sans les siens, avec qui on riait ou se disputait l’instant d’avant. Peut-être d’ailleurs parce que, justement, on ne voulait pas lâcher prise à une chose, une habitude, une façon de penser. Faut-il en arriver là pour se rendre compte à quel point tout cela est dérisoire ? Pour comprendre à quel point nous nous trompons quant à l’essentiel, combien nos attachements sont futiles et vains. De toute façon, un jour plus ou moins lointain, même sans catastrophe, nous mourrons tous, seuls et nus, tous égaux à l’instant du dernier souffle… laissant dernière nous absolument tout ce à quoi nous tenions. »   Édito de Coline d’Aubret
b6f289eaef8a7388e337f9cca1944f3aa18c72e5_sc_62_couv
Au début, méditer, c’est calmer l’agitation du mental et le rassembler, le concentrer, afin de devenir accessible à une conscience plus grande et plus paisible, plus unifiée, que la conscience ordinaire.
C’est arrêter d’être dispersé, dissipé. On devient peu à peu conscient qu’il existe en soi une espèce de témoin, de moi observateur, qu’il s’agit pendant longtemps de renforcer. Cet observateur se met en place petit à petit dans la méditation, soit parce qu’on observe tout ce qui se manifeste dans le mental (les pensées, les émotions, les sensations), soit parce qu’on se concentre sur la respiration ou sur un mantra. La capacité de donner vie à l’observateur libère petit à petit des contraintes du mental égocentré.
Cet ancrage en soi, à travers l’observateur, est véritablement ce qui permet un jour de passer d’une conscience focalisée sur soi, donc une conscience égoiste, à une conscience de soi spirituelle plus profonde. Cet observateur devient comme une présence de soi beaucoup plus large qui, elle, est ensuite capable de recevoir l’esprit. C’est une conscience essentielle, une conscience encore plus grande, qu’on appelle la conscience spirituelle.
Il est important de comprendre aussi ce que n’est pas cet observateur. D’abord, il n’est pas ce qu’on appelle généralement le « surmoi » qui juge, analyse, contrôle et maîtrise tout ce qu’on fait. Le moi observateur, puis cet espace d’observation en soi, n’est pas le surmoi qui condamne ou parfois qui approuve. Il n’y a jamais de connotation de culpabilisation, de critique, de « Il faut » ou « Tu dois », dans l’observateur.
Les 8 points essentiels d’une observation véritable.
  1. Ne pas se critiquer
  2. Ne pas se culpabiliser
  3. Sans vouloir changer ce qu’on observe
  4. Sans analyser
  5. Sans s’identifier
  6. S’observer sur un point précis
  7. S’observer avec tous les sens
  8. Le plus souvent possible
Extrait d’un article de Selim Aïssel de la nouvelle revue : N°62 («La méditation Oya du lâcher-prise »)

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
Cet article, publié dans Développement personnel, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.