Métropolisation

Le Monde 27 /09/2016

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EditorialLa France se  » métropolise « . Les flux de population -convergent vers une dizaine de grandes villes, -poumons économiques où se -concentrent emplois, transports collectifs, centres administratifs, offres éducative, culturelle, médicale, etc. Alors que les paysans représentent à peine 3,6  % de la population active, notre pays est de moins en moins industriel, de plus en plus tertiaire.
Ce nouvel exode rural concerne donc davantage les ouvriers que les agriculteurs. La proportion de jeunes qui font des études supérieures augmente et leur -installation dans une métropole régionale est souvent définitive. Les enquêtes montrent d’ailleurs que c’est dans ces villes XXL que veulent vivre les générations X et Y. Les moteurs de la métro-polisation sont à l’œuvre, ils sont puissants et on ne voit pas ce qui pourrait les arrêter. Pourtant, les effets pervers sont nombreux : stress, pollution, nuisances -sonores, manque d’espaces verts, appartements étriqués, -saturation des transports…
Certes, des progrès ont été faits depuis les années 1960, et les écoquartiers d’aujourd’hui n’ont pas grand-chose à voir avec les grands ensembles d’hier. Mais beaucoup de Français sont allergiques à la densification, ce qui complique les choses, car l’étalement urbain n’est pas une solution.
Déclin des petites villes
L’une des conséquences les plus inquiétantes de la métropolisation est la désertification des campagnes et la décrépitude des centres urbains dans de nombreuses petites villes -de province. Olivier Razemon, journaliste au Monde, en dresse un constat inquiétant dans un -livre intitulé Comment la France a tué ses villes (à paraître le 13  octobre, Rue de l’échiquier, 208 p., 18  €). A l’heure d’Airbnb, le déclin des villes de moins de 20 000 habitants qui ne sont pas des cités balnéaires ou des stations de sports d’hiver semble inexorable, car seuls les retraités sont -susceptibles de faire le chemin en sens inverse.
La France se  » boboïse  » et les bobos n’habitent pas à la campagne, où il n’y a ni magasin bio, ni pistes cyclables, et où tout le monde prend sa voiture pour faire ses courses à l’hyper. Faut-il s’en désoler ? Pas forcément. Mais au moment d’acheter un bien -immobilier, ce qui -correspond pour beaucoup de -ménages au seul placement qu’ils feront, il faut en avoir conscience. Car la santé d’un marché immobilier est en grande partie la conséquence de ces évolutions sociétales au -niveau local. Pour être sûrs de ne pas se tromper, les experts que nous avons -interrogés le disent de façon -unanime, il faut acheter dans une métropole régionale.
Jérôme Porier Journaliste au Monde

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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