Quand Raphaël Glucksmann s’empare du récit national

Le Monde | 26.09.2016 | Par Gaïdz Minassian

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Avec son dernier ouvrage « Notre France. Dire et aimer ce que nous sommes », l’intellectuel signe un essai courageux et encourageant pour la génération de bobos en mal de repères. Lire la suite
raphael-gluksmanandreglucksmann-475x310Raphaël Glucksmann est un trentenaire en colère. Fils du philosophe André Glucksmann, cet essayiste français est l’un des rares issus de sa « génération gueule de bois », comme il l’appelle, à vouloir se battre pour sauver la France des mains des souverainistes, des grincheux et des nostalgiques du passé.
Dans son dernier essai, il accepte non sans originalité d’affronter les tenants d’une identité française figée sur le terrain qu’ils prétendent connaître le mieux : l’idée d’une France puissante mais aujourd’hui perdue dans le labyrinthe de la mondialisation.
Raphaël Glucksmann veut les prendre au sérieux : la France perd aujourd’hui son identité et le contrôle de son destin à cause de 1789 et de Mai-1968 ? Très bien, allons-y, nous propose-t-il comme on relève un défi. Revisitons ce passé si décadent à leurs yeux.
Calculs démagogiques
Sans mépris ni violence, mais avec un réel effort pédagogique, son plongeon est plutôt réussi, tournant en dérision au passage la formule fétiche : « C’était mieux avant. » « Avant qui ? avant quoi ? avant quand ? », se plaît-il à répéter dans son chapitre « Le trouble français » pour mieux démonétiser cette devise réactionnaire.
En pénétrant sur ce terrain glissant de l’histoire identitaire, Raphaël Glucksmann entend démontrer que le récit national n’est pas tel que se l’imaginent les fans de Clovis et de Jeanne d’Arc. D’autres auteurs doivent lui ­emboîter le pas.
Mais l’originalité dont il fait preuve ne s’arrête pas à ce défi. Il refuse toute conviction manichéenne….
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A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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