Taxer l’argent plutôt que de taxer les citoyens

Un doigt dans l’actualité – bimestriel N°1 – octobre/novembre 2016 – Thibault McEvoy –
Campagne électorale, démago oblige, les promesses de baisses d’impôts fusent à droite et à gauche. Quand Hollande annonce, par le biais de son ministre des Finances Michel Sapin, une baisse d’impôts de milliards, le candidat à la candidature de droite,Nicolas Sarkozy balance dans son programme qu’il table sur une baisse massive et rapide des impôts d’au moins… 25 milliards (impôt sur le revenu réduit de 10 %, les revenus financiers qui bénéficieraient à nouveau d’un prélèvement libératoire et l’Impôt sur la fortune qui serait purement et simplement supprimé à jamais). Juppé et Fillon envisagent eux aussi de baisser la fiscalité, surtout celle des entreprises (le fameux débat sur les charges trop élevées), même s’ils sont un peu moins utopistes que l’ex-Président et affirment qu’il faudrait songer à une hausse de TVA de 1 à 3 points histoire de compenser le manque à gagner. 
Une taxe sur les transactions financières européennes rapporterait 20 milliards par an.
la-tourmente-agricole_image_article_largeMais pas un mot sur de vraies mesures révolutionnaires qui videraient à taxer l’argent plutôt que les classes moyennes… D’accord, de telles mesures ne peuvent pas être adoptées unilatéralement par un pays. Il faudrait des accords internationaux pour décider de changer les choses et de « prendre l’argent là où il est ». Ou plutôt où il dort. Mais pas un politique, élu ou non, n’a le courage de s’attaquer à ce sujet. Les 20 personnes les plus riches du monde, dont les fortunes estimées représentent au total au moins 850 milliards de dollars, ont toutes faites leur beurre en nous vendant des choses (que nous avons bien souvent nous-mêmes produites), en exploitant les ressources naturelles et humaines de la planète, et/ou en profitant du système monétaire. Il est temps de songer à exiger une rétribution, au nom d’une solidarité plus nécessaire que jamais dans un monde où l’on considère (estimation basse) que plus de 1,6 milliards d’êtres humains n’ont pas accès à l’eau potable  et où, d’après la FAO (Organisation des Nations-unies pour l’alimentation et l’agriculture) un enfant meurt de faim toutes les 6 secondes.
Pendant ce temps là, perchés en haut de leurs tours d’ivoire, les 25 « meilleurs » dirigeants de hedge funds ont gagné plus de 11,6 milliards de dollars l’an passé, selon une étude de Institutional Investor’s alpha relayée par BFMTV. « Les mieux payés d’entre eux ont gagné 250 000 euros de l’heure » soit 15 ans de Smic en soixante petites minutes. Et puis, récupérons aussi un peu de fic planqué dans les paradis fiscaux – entre 21 000 et 32 000 milliards selon le Réseau pour la justice fiscale.

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Et pourquoi ne pas taxer les transactions financières et les échanges boursiers ? « Combien pourrait rapporter la taxe sur les transactions financières (TTF), en cours de négociation entre dix pays de l’Union européenne ? », s’interroge 20 minutes. Selon une estimation de la Commission européenne, que l’AFP a pu consulter, cette taxe pourrait rapporter entre 20 et 22 milliards d’euros par an. Cette somme proviendrait de la taxation des actions (4,6 milliards dans un  premier temps puis 5,7 milliards), et surtout des produits dérivés (15 milliards puis 16, 22 milliards), détaille un document daté du 22 juin et signé de Manfred Bergmann, directeur en charge de la fiscalité à la Commission européenne. Une Commission qui s’est récemment dite résolue à faire avancer « d’ici la fin de l’année » les discussions en cours avec dix pays de l’UE favorables à cette taxe. Mouais ! Discuter, c’est bien gentil, mais ce n’est pas non plus l’assurance que tout cela se fasse un jour. Soyons actifs en tant que citoyens. Exigeons de nos politiques qu’ils fassent avancer le Schmilblick…
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