Réfugiés : Orban dresse la Hongrie contre l’UE / Scènes de chasse aux migrants à la frontière serbo-hongroise

Le Monde 30/09/2016

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Le premier ministre populiste demande aux Hongrois de rejeter par référendum, dimanche 2  octobre, le dispositif européen de répartition des demandeurs d’asile entre les pays de l’Union
Talons aiguilles fuchsia assortis à sa veste en daim, Monika Ronaszeki distribue des tracts en faveur du  » non  » pour le référendum, sur la place Blaha de Budapest. Son parti souverainiste, le Fidesz, est au pouvoir en Hongrie depuis 2010. Il a chargé cette ex-députée, fière mère de sept enfants, de mener campagne dans la cinquième circonscription de la capitale.
 » Si je me bats, c’est pour tout le continent, affirme-t-elle. Nous avons hérité de nos ancêtres une culture judéo-chrétienne qu’il est de notre devoir de transmettre aux générations futures. Aujourd’hui, l’Europe est riche, mais faible. Mon beau-frère, cardiologue à Nice, a failli mourir lors de l’attentat du 14  juillet. Nous devons remporter ce vote, car cela convaincra les dirigeants allemands et français de laisser leurs peuples s’exprimer à leur tour sur le sujet. « 
Le sujet, c’est l’accueil et la répartition dans toute l’Europe de 160 000 demandeurs d’asile syriens, irakiens et érythréens présents en Grèce et en Italie, accusés par la Hongrie de favoriser le terrorisme djihadiste. Le premier ministre, Viktor Orban, a demandé à ses compatriotes de s’opposer, dimanche 2  octobre, à la relocalisation de 1 300 d’entre eux en Hongrie. Même si ce plan de solidarité, pratiquement pas appliqué, est désormais mort-né.
Il avait été enclenché en  2015 par les Etats membres, à la suite d’un vote à la majorité qualifiée et sur proposition de la commission, contre l’avis de M. Orban. La Hongrie estime que son caractère contraignant viole sa souveraineté ; 8,3  millions d’électeurs sont donc appelés à se prononcer sur la question suivante :  » Voulez-vous que l’Union européenne décrète une relocalisation cœrcitive de citoyens non hongrois en Hongrie, sans l’approbation du Parlement hongrois ? « 
Partout dans le pays, des affiches placardées par le gouvernement interpellent les passants :  » Le saviez-vous ? Bruxelles veut que nous accueillions un nombre de réfugiés équivalent à la taille d’une ville.  »  » Le saviez-vous ? Plus de 300 personnes sont mortes en Europe depuis le début de la crise migratoire « , en référence aux attentats de Paris et de Bruxelles.
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 » Climat de haine « 
Par Blaise Gauquelin (Budapest, envoyé spécial)
Scènes de chasse aux migrants à la frontière serbo-hongroise

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Chaque jour, seuls trente candidats à l’asile sont autorisés à entrer en Hongrie pour déposer leur demande ou rejoindre d’autres pays
Mais qu’est-ce qu’ils ont, les Hongrois ? C’est quoi, leur problème ? Je ne veux pas y rester, moi, en Hongrie. Aucun migrant ne veut y rester chez eux ! «  Après six tentatives pour passer la frontière, Ali Shah, un Pakistanais de 33 ans, frôle le désespoir. Arrivé depuis plusieurs semaines dans le camp de Subotica, dernière ville au nord de la Serbie avant la frontière, il est un des milliers d’échoués de la route des Balkans, fermée depuis mars, qui tentent malgré tout de rejoindre l’Europe de l’Ouest.
Le Monde 30/09/2016

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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