Au Maroc, duel islamo-libéral en vue dans les urnes

Au Maroc se tiennent ce vendredi des élections législatives déterminantes. Un scrutin en forme de duel entre les islamistes du Parti de la justice et du développement (PJD, au pouvoir) et le Parti authenticité et modernité (PAM, centre gauche).
Le Monde 07/10/2016

5009629_3_294e_des-militants-du-parti-de-la-justice-et-du_5c54d06b80329634e94555ca2e6aae9f

Des militants du Parti de la justice et du développement (PJD, au pouvoir) lors un rassemblement à Salé, le 6 octobre. FADEL SENNA / AFP
Le paysage politique marocain va-t-il changer radicalement ? Près de seize millions d’électeurs sont appelés aux urnes, ce vendredi, dans le royaume chérifien, à l’occasion des dixièmes élections législatives organisées depuis l’indépendance (1956), pour désigner les 395 députés qui siégeront à la Chambre des représentants, la chambre basse du Parlement.
Ce scrutin met aux prises islamistes et libéraux, l’enjeu étant de savoir laquelle de ces deux sensibilités l’emportera : la première, portée par le Parti de la justice et du développement (PJD, aux affaires depuis 2011) ou la seconde, incarnée par le Parti authenticité et modernité (PAM, centre gauche). D’un côté comme de l’autre, il s’agit d’une « question de survie ou de mort », estime le quotidien panarabe Asharq Al-Awsat.
Pour le chercheur Montassir Nicolas Oufkir, le vote qui se profile est crucial pour l’avenir, eu égard aux occasions manquées depuis cinq ans. « Chômage en hausse (…), accroissement de la dette publique, hausse de la fiscalité, passage en force de la réforme de retraite, dégradation du rapport aux femmes (…) : telles sont les grandes prouesses du parti de la Lampe [l’emblème du PJD] durant son quinquennat », note-t-il. Lemag.ma
A Tanger, ville des grands chantiers royaux et l’une des principales arènes électorales de ce 7 octobre, le combat entre le PAM et le PJD s’annonce féroce, observe Jeune Afrique. Leur terrain de confrontation privilégié ? Le thème des valeurs.
Plus au sud, à Casablanca, la lutte s’annonce tout aussi âpre. Les états-majors des deux partis ont d’ailleurs déployé les grands moyens pour quadriller cette ville de quatre millions d’habitants aux réalités contrastées, où la modernité côtoie la précarité et la richesse, l’extrême pauvreté.
Dans un entretien exclusif accordé au site Mondafrique, le chef du gouvernement sortant et chef du PJD, Abdelilah Benkirane, n’hésite pas à fustiger Ilyas Omari, le secrétaire général du PAM. Sa parole, en revanche, se fait beaucoup melliflue lorsqu’il évoque sa relation avec la monarchie et le roi Mohammed VI.
Et les électeurs, qu’attendent-ils de ce rendez-vous électoral ? Al-Jazira est allé à la rencontre de huit d’entre eux dans les rues de Rabat, la capitale, pour recueillir leur opinion. Laquelle est un mélange de déception et de fatalisme.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
Cet article, publié dans International, Politique, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.