Pays de Loire Le Cellier – A 79 ans, elle reçoit la Médaille des Justes parmi les Nations

France Bleu 26/09/2016
Humble, la famille Guilbaud n’en a jamais dit mot. L’histoire a ressurgi il y a deux ans, quand Yvette Dugast évoque la vie de sa famille au Cellier pendant la guerre 39-45, à des membres de l’association Histoire et patrimoine de la commune, qui planchent sur leur nouvel ouvrage. Une vie intimement liée à celle de Monique Covrigaru, une petite Juive parisienne, accueillie chez eux pendant la guerre.
Yvette et sa famille, Justes parmi les Nations

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Une habitante du Cellier (44) a reçu ce dimanche de Septembre  la médaille des Justes parmi les Nations, la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Pendant la seconde guerre mondiale sa famille a accueilli une enfant juive dans le plus grand secret : Monique Covrigaru, présente à la cérémonie.

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Monique Covrigaru a aujourd’hui 79 ans. Elle vit à Houston aux Etats-Unis. Mais ce dimanche elle était au Cellier en Loire-Atlantique pour assister devant quelques 500 personnes réunies à la salle des fêtes, à la cérémonie de remise de la médaille des Justes à Yvette Dugast, ainsi qu’à sa soeur et à ses parents aujourd’hui décédés. Pendant la seconde guerre mondiale, cette famille l’a accueilli dans le plus grand secret
le-cellier-parentsimage-1024-1024-212737Théodule Guilbaud
Date de naissance : 03/04/1886
Date de décès : 18/01/1966
Mme Marie Guilbaud (née Rousseau)
Date de naissance : 19/01/1889
Date de décès : 27/06/1968
Mme Madeleine Houssay (née Guilbaud)
Date de naissance : 27/06/1923
Date de décès : 19/04/2011
Mme Yvette Dugast (née Guilbaud)
Date de naissance : 16/12/1926

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L’histoire
D’origine roumaine, David Stril Covrigaru arrive en France en 1920. Son épouse, Thérèse arrive de Transylvanie en 1930. David est culottier et Thérèse couturière. David qui était veuf, a un fils prénommé Jacques. David et Thérèse se marient en 1935. Leur fille Monique naît le 10 mars 1937. La famille vit avec la grand-mère dans un appartement de deux-pièces à Paris dans le 18ème arrondissement.
En 1939, le gouvernement français incite femmes et enfants à quitter Paris. Monique et sa mère partent vers la Bretagne. Elles arrivent à Abbaretz et sont accueillies avec d’autres réfugiées par Madeleine Guilbaud âgée de 16 ans, dont le père est chef de gare. Dans un premier temps, elles sont installées chez des fermiers et y séjournent quelques mois. David vient régulièrement leur rendre visite et se lie d’amitié avec le père de Madeleine. Puis Monique et sa mère Thérèse reviennent à Paris.

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A l’été 1941, étant par chance absente de son domicile, la grand-mère échappe à une arrestation. La famille décide de quitter Paris. David et Thérèse veulent mettre Monique à l’abri. Ils envoient un télégramme aux Guilbaud. Madeleine et sa mère viennent chercher l’enfant à Paris et la ramènent à Abbaretz.
En 1942, Monsieur Guilbaud, que l’on appelait Pépé, prend sa retraite et va s’installer dans un autre village, Le Cellier en Loire-Atlantique où vivent ses enfants. Là, Monique commence à aller à l’école dans une école catholique. Chez les Guilbaud, Monique est choyée et Madeleine s’occupe d’elle comme d’une petite sœur.
Pendant cette période, les parents Covrigaru s’étaient réfugiés dans le Massif Central à Mandailles Saint-Julien où ils vivaient de petits travaux. A l’été 1943, Madeleine emmène Monique voir ses parents à Mandailles. Monique reste avec eux jusqu’à Noël 1943. Mais il y a dans le village un camp de prisonnier juifs et les Allemands recherchent aussi les résistants et notamment le directeur de l’école. La situation devient dangereuse. Une nouvelle fois, Madeleine et Yvette viennent chercher Monique qui reste chez les Guilbaud jusqu’à la Libération à l’été 1944.
Monique a quatre ans quand elle est prise en charge par la famille Guilbaud et huit ans quand elle les a quittés. Elle a vécu pendant toutes ces années choyée et protégée par chaque membre de cette famille. Les parents sont restés en relation avec les Guilbaud et ont continué à maintenir le contact par courrier quand ils sont partis s’installer en Israël en 1949. Monique vit aux Etats-Unis où elle s’est mariée et a fondé une famille.
 Le 21 décembre 2015, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Monsieur Théodule Guilbaud, à son épouse Madame Marie Guilbaud ainsi qu’à leurs deux filles Madeleine et Yvette.
Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent de Yad Vashem un diplôme d’honneur ainsi qu’une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l’univers tout entier ».  Il s’agit de la plus haute distinction civile de l’état d’Israël. Au 1er janvier 2016, le titre avait été décerné à 26 119 personnes à travers le monde, dont 3 925 en France. Cependant le livre des Justes ne sera jamais fermé car nombreux sont ceux qui resteront anonymes faute de témoignages.
Reconnus ou non, ils incarnent le meilleur de l’humanité. En effet, tous ont considéré n’avoir rien fait d’autre que leur devoir d’homme. Ils serviront  de phares et de modèles aux nouvelles générations.
Cérémonies de reconnaissance : Date : 25 septembre 2016 Lieu : Le Cellier (44850)
Dossier n° 13185 – Personnes sauvées : Mme Monique Ritter (née Covrigaru)
Lieux de mémoire :  Allée des Justes à Jérusalem
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Allée des Justes à Paris

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A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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