Mondialisation : Un pas en avant, deux pas en arrière ?

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L’âge de faire – octobre 2016 – par Henri Sterdyniak, des Économistes Atterrés –
Depuis une trentaine d’années, la mondialisation commerciale et la globalisation financière ont bouleversé l’économie mondiale. Les peuples et les États ont perdu leur capacité d’agir. Les grandes entreprises peuvent réduire le coût du travail en allant produire dans les pays à bas salaires, où le droit du travail est faible voire inexistant. Elles peuvent échapper aux mesures contre la pollution ou le gaspillage énergétique en s’installant dans les pays les plus laxistes en la matière. Les entreprises multinationales comme les individus les plus riches peuvent échapper aux impôts en s’installant dans les pays où l’imposition est la plus faible. Les dépenses et les services publics sont menacés. C’est le triomphe du libéralisme.
Mais c’est une victoire à la Pyrrhus : la paupérisation de larges couches de la population dans les pays riches, la hausse de la part du capital au détriment du travail, se traduisent par l’insuffisance de la demande, qu’il faut combler par la montée de l’endettement et par des bulles financières, ce qui se termine en crise financière, puis économique. Les pays européens voient leur cohésion sociale mise en cause. C’est aussi une menace pour l’humanité puisque les peuples n’ont aucun moyen d’arrêter la course folle vers l’épuisement des ressources naturelles et le réchauffement climatique.
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Une stratégie payante… à court terme
carquefou-le-dessin-explore-la-mondialisationDans ce contexte, chaque pays a le choix entre deux stratégies. La première consiste à être le meilleur élève de la mondialisation : réduire les taux d’imposition des riches et des grandes entreprises multinationales, diminuer les salaires et la protection sociale, supprimer le droit du travail, affaiblir les normes écologiques et sanitaires. Payante à court terme pour les pays qui s’y engagent, elle est globalement catastrophique tant sur le plan économique qu’écologique. La deuxième au contraire consiste à maintenir des impôts et des prestations redistributifs, à taxer les grandes entreprises et à contrôler leur choix de production, à lutter contre la finance spéculative, à introduire une fiscalité écologique, à se battre à l’échelle européenne et mondiale pour que ces pratiques soient généralisées. C’est une stratégie courageuse ; il faut être prêt à en payer le prix.
La France doit-elle viser à rester un pas en avant pour promouvoir en Europe et dans le monde un modèle social et écologique ? Doit-elle renoncer à cette ambition afin d’essayer de devenir le meilleur élève du modèle libéral ? La compétitivité plutôt que la cohésion sociale et la transition écologique ? Cela devrait être un point central du débat politique en 2017.

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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