Loir-et-Cher – Patrimoine : La gare de Pruniers mise en vente par la SNCF

La Nouvelle République 11/10/2016
Fermée depuis 10 ans, la gare de Pruniers-en-Sologne recherche un acquéreur. Emblématique à plus d’un titre, le bâtiment a besoin de gros travaux.

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Située sur le périmètre communal de Gièvres, la gare de Pruniers se dégrade à grande vitesse.
A vendre petite gare de province d’une superficie de 120 m2, avec sa voie de service, sa halle de 64 m2 et son terrain attenant de 2.300 m2. Telle pourrait être l’annonce postée en ligne par la SNCF si la discrétion n’avait pour l’heure était la règle. A ce jour, seule la municipalité de Gièvres, commune sur laquelle se situe en réalité la gare de Pruniers, a en effet fait l’objet d’une proposition d’achat, comme le prévoit la loi.

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Une pétition contre sa «  destruction  »
« La mise en vente a nécessité certaines démarches que nos équipes du pôle immobiliers et logements de la Direction territoriale SNCF Ouest mettent en œuvre », explique la communication de la SNCF, qui précise aussi la suite : « Naturellement, l’annonce sera accessible à tous ».
Visiblement alertés par certains bruits, une poignée de riverains et autres passionnés du Blanc-Argent, cette ligne métrique emblématique qui passe par Pruniers-en-Sologne, se sont mobilisés il y a quelques semaines pour « demander de ne pas détruire la gare de Pruniers », via une pétition mise en ligne sur le site avaaz.org. Adressée à la SNCF la missive totalisait un peu plus de 320 signataires lundi matin. « Cette gare fait partie du patrimoine de la ligne ferroviaire du Blanc-Argent. Elle est l’un des joyaux de la ligne ! », y expliquent les pétitionnaires inquiets pour l’avenir de ce patrimoine local.
Des céramiques de Bigot
Interrogée, la SNCF explique au contraire vouloir protéger le bâtiment, qui est actuellement dans un état de dégradation avancé, notamment au niveau de sa toiture. « La démolition de cet édifice n’est actuellement pas envisagée », assure-t-on au service communication, l’objectif étant de « vendre ce bien immobilier afin qu’il soit entretenu et valorisé. L’entreprise surveille son état afin que cela ne se dégrade pas de façon irréversible ».
Contactée, la municipalité de Gièvres explique de son côté n’avoir pas souhaité faire valoir son droit de préemption, le bâtiment étant jugé trop éloigné du bourg. Un acquéreur potentiel aurait en revanche manifesté son intérêt pour la gare désaffectée.

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Autorail de Dion OC 2 (X 205) lors de son dernier passage en gare de Pruniers, le 11 juillet 1981. Photo : Rob Sissons.
Si l’exploitation commerciale du bâtiment s’est arrêtée en 2007, « les trains à destination de l’arrêt «  Pruniers  » sont naturellement préservés », assurent d’ores et déjà les équipes du pôle immobiliers et logements de la Direction territoriale SNCF Ouest en charge du dossier. D’autres ventes pourraient suivre dans le secteur, notamment la gare de La Ferté-Imbault listée dans les bâtiments « à venir ».
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Gare de Pruniers, le 11 juillet 1981. Photo : Rob Sissons.
Nul doute que les défenseurs du Blanc-Argent surveilleront la gare de Pruniers, de même que les passionnés de céramique architecturale. Le bâtiment fait en effet partie des 18 gares décorées par Alexandre Bigot, le céramiste de Mer et inaugurées en 1902, année de lancement du BA. « Cinq de ces gares sont inscrites aux Monuments historiques », précise Julie Brossier-Duclos, la conservatrice du patrimoine en charge de la collection dite « Pasquier » qui sera bientôt exposée dans les murs de la Fabrique Normant, dont certaines céramiques Art nouveau d’Alexandre Bigot. La frise décorative représentant des feuilles stylisées qui court le long de la toiture de la gare de Pruniers risque, elle, de disparaître.
Laurence Texier
Loir-et-Cher – Gièvres, Pruniers-en-Sologne,

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L’autorails de Dion OC 2 est accueilli à Pruniers comme une star, le 11 juillet 1981, lors de son dernier passage. Photo : Rob Sissons.

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