Deux-Sèvres – Élan de solidarité au village pour l’accueil de réfugiés : « Notre ressource humaine, c’est notre force ».

La Nouvelle République 24/10/2016
Coutières accueillera cette semaine douze réfugiés évacués de Calais. Les habitants se mobilisent pour les recevoir dans les meilleures conditions.

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Nicolas Gamache, maire de Coutières, au centre d’accueil.
Douze réfugiés, probablement de jeunes hommes seuls, évacués de la jungle de Calais, vont s’installer d’ici quelques jours à Coutières, village gâtinais de 173 habitants, le temps de reprendre des forces et de commencer des démarches administratives pour obtenir le statut officiel de réfugié.
Pour Nicolas Gamache, le maire, qui a toujours signalé que le village serait prêt à devenir centre d’accueil et d’orientation (CAO), les choses se sont accéléré la semaine dernière. « J’ai rencontré le préfet qui m’a dit que douze réfugiés, dont nous ne connaissons pas encore la nationalité, viendraient s’installer à Coutières », raconte-t-il.
Tout le monde sur le pont !
Branle-bas de combat au village ! Le Centre permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE) de Gâtine poitevine est associé au projet, la commune met à disposition des locaux inoccupés, la Croix-Rouge commence à acheminer meubles et vêtements. Et les habitants proposent leur aide : untel donnera des cours de français, un autre propose de réparer des vélos, un autre a un congélateur à donner.
En une semaine, les deux appartements, douze lits en tout, sont prêts à les accueillir. Avec, en tête de file, Nicolas Gamache qui porte le projet avec un enthousiasme communicatif : « Si ça ne se passe pas ici, ça ne se passera nulle part, en terme d’ouverture des habitants, avance-t-il. A Coutières, nous avons la culture de l’accueil, de tous les publics, des personnes handicapées, des enfants, des personnes en réinsertion et même 100 scouts belges cette année. Notre ressource humaine, c’est notre force ».
S’il n’est pas peu fier de sa commune, c’est aussi parce que dans un petit village où tout le monde se connaît par son prénom, la population a su réagir vite et positivement à la nouvelle. A tel point que la place commence à manquer pour stocker les dons qui affluent de toute part.
Pas d’angélisme pour autant
L’enthousiasme général n’empêche toutefois pas le réalisme. Chacun sait qu’il y aura des difficultés à surmonter, des craintes, des incompréhensions, que le maire a tenu à dissiper dans une réunion d’information vendredi (lire ci-dessous). La commune s’appuie sur la Croix-Rouge, dont un accompagnateur social sera présent 24 heures sur 24 auprès des réfugiés, et sur l’expérience du CAO de La Mothe-Saint-Héray, qui en accueille depuis le mois de mars. « Ils ne seront pas lâchés dans la nature, assure Nicolas Gamache. Après, c’est vrai qu’ils ne parlent pas français, un peu anglais. Nous, on ne parle pas bien anglais… Mais bon, on va se débrouiller ! »
nr.parthenay@nrco.fr
à chaud
La préfecture ne communique pas
Si le préfet de région Pierre Dartout a déjà officiellement communiqué sur l’accueil des réfugiés de la jungle de Calais sur l’ensemble de la Nouvelle-Aquitaine, annonçant le chiffre de 900 places, il n’en est pas de même en Deux-Sèvres où le préfet Jérôme Gutton se tait. « Ça ne sert à rien de communiquer trop tôt », a de nouveau justifié son cabinet que nous avons joint hier soir. « Les choses se préparent encore sur le nombre de places, les sites choisis, les dates d’arrivée. » Hors Cada (centre d’accueil de demandeur d’asile) de Niort et Thouars, deux centres d’accueil et d’orientation (CAO) pour réfugiés fonctionnent déjà à La Mothe-Saint-Héray et Melle.
Laura Buratti
Parthenay

 

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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