Société – Trente-neuf migrants accueillis hier soir à Blois / Deux-Sèvres : Une terre d’accueil

La Nouvelle République 25/10/2016
Des hommes seuls, Soudanais et Afghans, en provenance de Calais, sont arrivés hier soir. Vingt personnes de plus sont attendues aujourd’hui

MIGRANTS

Partis de Calais à 14 h 35, les ex-habitants de la « jungle » auront passé la nuit au chaud à Blois. – (Photo NR, Sébastien Gaudard)
Il était 21 h passées ce lundi 24 octobre quand le car est arrivé dans la cour des immeubles de Terre de Loire Habitat, rue du Lieutenent-Godineau à Blois : partis de Calais à 14 h 35, et accompagnés par des sapeurs-pompiers du Nord, ces 39 migrants, originaires du Soudan et d’Afghanistan, ont été accueillis dans ce nouveau centre d’accueil et d’orientation par le secrétaire général de la préfecture, Julien Le Goff et Sandrine Fontaine, directrice générale de l’ASLD (Accueil, soutien, lutte contre les détresses).
>> Lire aussi : « Migrants : à Blois, le préfet réquisitionne 15 logements »
Deux interprètes
L’association chargée d’accompagner les migrants dans cet accueil d’urgence, aidée par deux interprètes l’un en langue arabe, l’autre en anglais, avait prévu quelques mots de bienvenue dans une grande salle à l’étage, et un point de règlement intérieur. Le repas du soir et un kit d’hygiène leur ont été offerts avant leur répartition dans les appartements réquisitionnés, et sommairement meublés par l’ASDL sur l’enveloppe financière prévue par l’Etat.
Mercredi, la journée des nouveaux arrivants débutera par un bilan médical, réalisé sur place par un médecin du centre hospitalier et des infirmières. Les deux travailleurs sociaux de l’ASDL prendront ensuite le relais, pour entamer le parcours administratif et social.
Tout a été prévu pour accélérer les démarches, assurait Julien Le Goff quelques minutes avant l’arrivée du car, les rendez-vous à la préfecture ont déjà été calés, et pour que cela aille plus vite, l’Office français de l’immigration a même prévu de venir rencontrer les gens ici, sur place. »
Réunion d’information pour les riverains
Il faudra aussi accueillir, selon les mêmes modalités, les 20 migrants qui doivent arriver de Calais aujourd’hui, complétant ainsi ce CAO, dont la capacité est de 60 places.
Nous avons été rencontrer en porte-à-porte, tous les locataires des immeubles, a précisé Julien Le Goff et nous avons organisé une réunion d’information pour les riverains vendredi dernier. Nous pensons que tout va bien se passer. »
La présence d’un surveillant de nuit contribuera aussi à rassurer les nouveaux arrivants comme leurs voisins.
Catherine Simon Loir-et-Cher – Blois – Social

LA JUNGLE DE CALAIS

Deux-Sèvres Une terre d’accueil pour dix-neuf nouveaux réfugiés
La Nouvelle République 25/10/2016 05:41
Douze Soudanais, trois Afghans et quatre Erythréens sont arrivés en provenance de Calais, hier soir, en Deux-Sèvres. Tour d’horizon de l’accueil des réfugiés dans le département.

©Julien Mattia/Wostok Press/Maxppp

A Calais, hier matin, à l’heure du départ. Cinq Soudanais étaient notamment attendus à La Mothe-Saint-Héray hier soir. – (Photos Julien Mattia, Wostok Press, Maxppp France)
Douze Soudanais, trois Afghans et quatre Erythréens sont arrivés en provenance de Calais, hier soir, en Deux-Sèvres
Cinq Soudanais en provenance de Calais sont arrivés à La Mothe-Saint-Héray hier soir. Sept autres Soudanais, trois Afghans et quatre Erythréens ont été installés provisoirement dans des appartements gérés par l’association Un toît en Gâtine à Parthenay. Depuis hier soir avec l’arrivée du car calaisien, les Deux-Sèvres accueillent 19 nouveaux migrants.
Bien à l’image de l’omertà préfectorale sur les réfugiés ces derniers temps, la communication tardive de la préfecture de ce lundi soir a pris la forme d’un communiqué officiel à la presse, à 21 h. La confirmation, en somme, de ce qui avait déjà filtré depuis le matin dans le département, pendant que s’opérait le démantèlement de la « jungle » de Calais avec le départ, dès l’aube, des premiers bus vers les 280 centres d’accueil et d’orientation (CAO) du pays.
  Une cinquantaine de solutions d’urgence
A Melle, La Mothe-Saint-Héray et Parthenay, les Deux-Sèvres comptent trois de ces CAO (lire ci-dessous). En coulisses, on sait qu’un projet d’accueil de seize nouveaux réfugiés dans le Thouarsais pourrait aboutir dès novembre à la création d’un quatrième CAO deux-sévrien à la base de loisirs Les Adillons de Luché-Thouarsais.
Ouvertes en février, les premières structures d’urgence ne sont qu’une situation transitoire d’hébergement. Le temps pour les demandeurs d’asile de régulariser leur situation auprès de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), puis de prétendre à une place en Centre d’accueil des demandeurs d’asile (Cada) via l’Office français de l’intégration et de l’immigration (Ofii). Sans les initiatives locales, entre les cinq familles à Melle, la vingtaine de jeunes isolés mothais, plus Parthenay, la capacité d’accueil ne serait pas digne de l’effort national attendu pour recevoir les près de 5.500 réfugiés calaisiens. Comme à Coutières (NR d’hier). Avec Melle, La Mothe, Parthenay et Coutières, les Deux-Sèvres comptent une cinquantaine de solutions possibles connues officiellement. Pour ce qui est des mineurs isolés ou de familles logées dans des hôtels comme c’est le cas à Niort ou dans des communes périphériques, quitte à alimenter la peur et les fantasmes, la préfecture des Deux-Sèvres est d’une grande opacité sur les chiffres.

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«  Zéro incident depuis le début  »
Dans les communes volontaires qui accueillent des migrants depuis neuf mois, l’information aux habitants est exemplaire en revanche. En sachant par exemple que l’État accompagne de 25 € par jour chaque migrant en CAO, lesquels pourront prétendre aussi à l’allocation pour demandeurs d’asile (Ada) d’environ 7 € par jour, la question des moyens revient souvent. Les maires rassurent leurs administrés. Ils font de leur mieux aussi face aux vieilles peurs de l’étranger, alimentées par la campagne de sape de l’extrême-droite. « Franchement, c’est zéro incident depuis le début, confirme le maire de Melle, Yves Debien. L’information aux habitants en amont est indispensable pour rassurer. En second, nous avons la chance ici avec un tissu associatif très dynamique de pouvoir nous appuyer sur cette force. » Avec Martine David, l’adjointe au maire chargée des affaires sociales à Melle et vice-présidence du CCAS, Melle imagine même quelque chose de particulièrement intéressant : un logement Cada pour une famille, qui serait géré par l’association L’Escale. La demande est sur le bureau du préfet.
L’État paraît dépassé. Complets ou pas totalement aménagés (lire ci-dessous), les centres d’accueil de demandeurs d’asile n’offrent que peu de possibilités de sortir localement de la transition d’urgence des CAO dans un délai acceptable, sachant pourtant, et c’est le paradoxe, que le parcours administratif entre les deux situations s’est raccourci et simplifié. Sans la volonté locale, sans cette solidarité de Melle à Coutières, en passant par Parthenay et La Mothe-Saint-Héray, sans des familles volontaires qui viennent de se porter individuellement candidates à Melle pour abriter des migrants, les Deux-Sèvres seraient-elle une terre d’accueil pour les naufragés des horreurs du monde ?
nr.niort@nrco.fr
repères
 > Les CAO. Deux centres d’accueil et d’orientation (CAO) ont ouvert en Deux-Sèvres, en février 2016, à Melle et La Mothe-Saint-Héray. A Melle, les 5 logements ont accueilli 11 familles (48 migrants) depuis le début, la plupart de « la jungle dunkerquoise », le camp de Grande-Synthe (Nord). Un logement reste disponible, deux autres devraient l’être rapidement. A La Mothe-Saint-Héray, quinze jeunes personnes isolées sont logées à l’ancienne maison de retraite « Notre Maison » désormais propriété de l’Armée du Salut. Avec l’arrivée attendue de cinq Soudanais d’hier soir, cela porte le nombre à 20 réfugiés, capacité maximale du CAO mothais.
Les Cada (centres d’accueil des demandeurs d’asile). France Terre d’Asile gère 154 places dans le département (114 à Niort, 40 à Thouars), avec 100 % d’occupation. L’association L’Escale gère 83 places de Cada en Deux-Sèvres, une dizaine seulement sont occupées, une quarantaine devraient être disponibles dans les quinze jours après les récents équipements, une trentaine restent à équiper.
Sébastien Acker

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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