Ils ont osé…l’ignoble

André Viola – 01/11/2016 –
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Depuis quelques jours, les bramais ont de la lecture dans leurs boites à lettres, un tract injurieux, injurieux pour ce qui fait notre pays, ce qui fait ses habitants et sa culture. Tract émanant d’une officine qui visiblement n’a pas trouvé pour le coup de boite à lettres dans l’Aude puisqu’il faut écrire à Argenteuil !
Il est question dans ce torchon, de refuser l’accueil des migrants, à Bram (Aude). Je ne peux pas faire comme si ce document abject n’avait pas existé, alors je veux faire les mises au point suivantes :
– oui, ce gouvernement est le premier à résoudre efficacement le problème du bidonville de Calais, je me refuse à parler de jungle, nous ne parlons pas d’animaux mais d’êtres humains, revenons à l’humanité que nous devons porter en nous, les amalgames, cela suffit.
– oui, nous avons à faire face à une grave crise humanitaire, parce qu’il s’agit bien de cela, ce ne sont pas des « migrants » mais des réfugiés. Qu’ils fuient la guerre ou la misère, ils ne choisissent pas de quitter leur pays, leurs familles, leurs environnements, ils y sont contraints et la plupart n’a qu’une aspiration, retourner dans leurs pays de départ, là où ils ont leur vie, leur famille.
– oui, nous accueillerons des réfugiés, Carcassonne, Narbonne, Alzonne, Castelnaudary, Limoux, Espéraza ont vu les premiers, arriver, et nous mettrons tout en oeuvre pour que cet accueil soit digne de notre pays et de notre tradition. Certains ont la mémoire courte et oublient d’où ils viennent et qui leurs parents ont fui.
– non, nous ne donnons pas tout aux réfugiés au détriment de « nos » pauvres comme je l’entends trop souvent, et au passage, se souciaient-ils de « nos » pauvres avant ? N’est-ce pas les mêmes qui hier, trouvaient qu’être au RSA c’était confortable et qui aujourd’hui, trouvent qu’être réfugié est confortable. Tissus de mensonges et de bêtises relayés par des groupes de paroles sur Internet qui à force de rabâcher les mêmes imbécilités, finissent par y croire !
img_7542img_1697– non, nous ne serons pas envahis, nous sommes 65 millions de français, Calais, c’était 10 000 personnes, c’est cela une invasion ? La Retirada entre 1936 et 1939, ce fut 400 000 personnes. Remettons les choses en perspective, prenons de la hauteur, ce que ces « écrivains de caniveau » ne savent visiblement pas faire.
Partout en Europe, les dirigeants s’organisent pour faire face à cette crise humanitaire, avec des politiques d’accueil mais aussi et surtout en oeuvrant pour le retour de la paix au Moyen Orient. Au delà, par les politiques de développement qui sont mises en oeuvre, comme par le Département de l’Aude, nous tentons de redonner un espoir aux peuples du Sud qui fuient la peur, la faim et la misère. Parce qu’il s’agit de leur redonner foi en leurs pays, l’envie de s’y investir et de croire en un avenir là-bas, alors qu’ici, il est plus incertain.
Et puis, une dernière chose pour ceux qui s’adonnent à l’infamie du tract mensonger : les bungalows récemment installés à côté du stade de Bram qui sont, selon vous, des abris pour réfugiés, sont en fait la base de vie de la SNCF pour les mois à venir. Mme le Maire a en effet réussi à obtenir que des dizaines de salariés, plus de 200, soient basés à Bram durant les travaux sur la ligne ferroviaire Toulouse-Narbonne. Les hôtels, les gites aux alentours seront pleins. Les commerçants devraient aussi se réjouir de cette manne assez inattendue. Voilà ce qui s’appelle : ne pas voir plus loin que le bout de ses obsessions xénophobes…
André Viola, est Président du conseil départemental de l’Aude depuis 2011. Particulièrement attaché à la question des solidarités territoriales, André Viola est impliqué dans plusieurs instances et actions de coopération internationale décentralisée.

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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