Indre-et-Loire – Comité de bienvenue aux  » Calaisiens  » : Vers une association pour agir sur le long terme

La Nouvelle République 02/11/2016

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Une quarantaine de Tourangeaux, réunis en trois jours par la magie des réseaux sociaux, a organisé un comité d’accueil spontané aux migrants du CAO de Saint-Pierre-des-Corps.

1 er novembre 2016    Saint Pierre Des Corps : Les migrants hébergés au foyer ont reçu des dons et du réconfort de la part d'un groupe de soutien qui s'est constitué sur Facebook.    Photo : Hugues Le Guellec

Avec beaucoup de tact, la quarantaine de Tourangeaux venus spontanément livrer des dons aux 46 migrants arrivés de Calais la semaine dernière a organisé une sorte de fête d’accueil au CAO. – (Photo NR, Hugues Le Guellec)
Les colis s’empilent dans une petite pièce qui servira d’entrepôt, débordant de vestes chaudes, de pantalons, de couvertures, de savon et de nourriture ; les gâteaux saupoudrés de paillettes de couleurs sont disposés sur la table, dans la petite cour de l’ancienne résidence sociale de la SNCF ; le thé brûlant est servi sur un plateau, hôtes et invités se mélangent. D’ailleurs, ce mardi, au Centre d’accueil et d’orientation de Saint-Pierre-des-Corps (CAO), on ne sait plus vraiment qui reçoit qui.
«  Des réactions totalement spontanées  »

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Le groupe « Coup de pouce aux migrants », qui a levé des dizaines de bonnes volontés et de dons en trois jours, est venu amener le fruit de sa récolte aux 46 migrants extraits il y a huit jours de la « jungle » de Calais. Avec beaucoup de tact, la quarantaine de Tourangeaux, venue presque sans préavis, a donné des airs de fête de bienvenue à cette livraison. « Des habits, des couvertures, c’est bien », sourit de toutes ses dents Khalid, un Érythréen qui a passé près d’un an dans les campements de fortunes calaisiens. Intimidés par le nombre, il restera à l’intérieur, « plus tard », quand il sera reposé, « il viendra faire connaissance ». D’autres ont pris place sur les bancs, sous le soleil d’hiver, et attrapent d’une main pudique les muffins faits maison proposés par les Tourangeaux.
Cet afflux de bonnes volontés a aussi pris de court Sylvain Ollivier, directeur hébergement d’Adoma, la structure qui gère les CAO dans le département. D’ordinaire, les dons sont orientés vers les associations et répartis ensuite selon les besoins de chaque structure. Là, « ce sont des réactions totalement spontanées », s’étonne-t-il encore à l’arrivée de la quarantaine de bénévoles. Le centre, mis sur pied dans l’urgence, avait réussi à parer à l’essentiel – aménagement des chambres et de la cuisine, organisation de distributions de colis alimentaires et d’hygiène –, cependant, « ce qui arrive aujourd’hui nous permettra de mieux achalander notre aide : nous manquions de vêtements pour homme », reconnaît Sylvain Ollivier. Au quotidien, le centre fonctionne avec une dotation de 25 euros par personne et par jour, et les migrants bénéficient, selon leur statut, d’une aide quotidienne de 4 € ou d’une allocation mensuelle de 290 euros.
 « Je pense qu’ils seront bien mieux ici que dans une tente à Calais », constatent Charlène et Mohamed, un couple de Jocondiens qui a répondu à l’appel lancé par Sarah et Tiphanie sur les réseaux sociaux. « On suivait un peu les choses aux infos… S’ils ont dû quitter leur pays, c’est qu’il y a une bonne raison. Nous, on vit bien en France, on a de la chance, alors, c’est normal d’aider les autres », explique Mohamed qui, comme sa compagne, n’est pas familier du milieu associatif. Tiphanie elle-même a du mal à évaluer le nombre de personnes qui ont répondu à l’appel : « Tout ce que je peux dire, c’est que mon appartement était rempli de colis. » Le groupe Facebook qui a servi de lien comptait, hier, 460 membres.
Vers une association pour agir sur le long terme
 « La phase suivante, c’est d’une part de fermer le groupe sur Facebook, car nous sommes plusieurs à avoir reçu des menaces sur les réseaux, et de se rapprocher de la préfecture pour envisager de créer une association pour les soutenir sur le long terme », explique Tiphanie. Histoire de canaliser cette vague de générosité.
 Voir également notre vidéo sur http://www.lanr.fr/videos37
Mariella Esvant

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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