Les médicaments anti-Alzhezimer ont des effets secondaires sur les comptes de la Sécu

Le Canard Enchaîné – 02/11/2016 – Isabelle Barré –
Des milliards claqués pour rien ! Dans un avis cinglant, la Haute Autorité estime que les médicaments anti-Alzheimer apparus en 1997 sont au mieux inutiles, au pire dangereux ! Un peu tard pour s’en apercevoir : en vingt ans, ces pilules n’ont pas été inoffensives pour le porte-monnaie…
424287_421686611210980_1430188850_nSelon les chiffres de l’Assurance-maladie compulsés par Le « Canard », la Sécu a dépensé 1,1 milliard d’euros sur les seules années 2010 à 2015, pour rembourser les 4 médicaments considérés aujourd’hui incriminés. Et la douloureuseaurait pu être encore plus salée. En 2011, à la suite d’un avis sévère de la Haute autorité, le syndicat des médecins généralistes MG France s’était élevé contre « l’usage généralisé » de ces pilules. « Si tous les médecins avaient prescrit ces médicaments à tous les patients concernés, 2,6 milliards auraient été dépensés chaque année » assène le syndicat dans un communiqué.
Depuis des années, les toubibs pro et anti-médocs s’étripent… en brandissant les mêmes études : « Les médicaments ont une efficacité modeste mais réelle, qui a été prouvée par des études comme Domino« , estime le Dr Renaud Péquignot, chef du service gériatrie à l’hôpital Saint-Maurice. « Domino c’est une daube, l’étude ne veut rien dire ! » rétorque le Pr Olivier Saint-Jean, chef du service gériatrie à l’hôpital Pompidou et pourfendeur des traitements.
 Potion électorale
Domino n’est pas un jeu, mais un test qui consiste à poser aux malades 30 questions du genre « Où est-on ? « , « Comment s’appelle le docteur ?  » Avec les médicaments, un petit échantillon répons un poil mieux : 1,9 bonne réponse de plus. « L’effet est trop minime pour changer l’état des patients« , estime le Dr Philippe Nicot, l’un des experts sollicités par la Haute autorité de santé. Bref, conclut cette dernière, étant donné les effets secondaires, qui vont des nausées aux chutes, le jeu n’en vaut pas la chandelle. En 2010, l’Agence du médicament avait alerté les toubibs sur l’un des ces médocs présenté sous forme de patch; les malades oubliaient qu’ils en avaient un et s’en collaient plusieurs…
Les associations des patients comme France-Alzheimer (en partie financée par les laboratoires) tiennent à ces traitements pour la seule raison qu’il n’en existe pas d’autres. Et pas question, à quelques mois des élections de se mettre à dos les familles des 850 000 malades. Marisol Touraine s’est donc empressée de s’asseoir sur l’avis qui était censé faire (haute) autorité. En se cachant à peine de vouloir gagner du temps : « La question du déremboursement ne peut pas et ne doit pas se poser, a tempêté Touraine, tant qu’un protocole de soins ne sera pas élaboré et mis en œuvre. »  Comme si ce protocole n’existait pas, après quatre plans Alzheimer… La ministre a peut-être un trou de mémoire ?

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